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Full text of "Historique abrégé du 30e Régiment d'infanterie"

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HISTORIQUE ABREGE 



DU 



30" RÉGIMENT D'INFANTERIE 



DROITS DE REPRODUCTION ET DE TRADUCTION 

RÉSERVÉS. 



PETITE BIBLIOTHÈQUE DE LAItUËE FRANÇAISE 

HISTORIQUE ABRÉGÉ 



30' RÉGIMENT 

D'INFANTERIE 




LIHOQBS 

. I M, NoniBlla routa d<Al.<, tt 

Henri CHARLES-LA VAUZELLE 



ORIGINES DU 30^ 



Le 30^ régiment d'infanterie peut faire remon- 
ter son origine âux premières années du règne 
de Louis XIII, dans les conditions de filiation 
suivantes : 

1617. Pendant la latte du roi contre la Ligue 
des grands seigneurs, un gentilhomme, M. de 
La Rainvilie, fut autorisé à lever un régiment 
pour concourir au siège de Soissons, en 1617. 

Ce régiment, jusqu'en 1669, ne porte d'autre 
nom que celui du mestre de camp qui en était 
le colonel titulaire et s'appelle successivement : 
Rainvilie, Ménillet, Bourdonné, Chemeraull, 
Reymont, d'Estrades, Saint-Lieu et Lignières. 

1669. Louis XIV incorpore le régiment de 
Lignières dans celui du Dauphin et fait prendre 
à ce dernier corps, de création récente, le rang 
d'ancienneté que possédait Lignières. 

1775. Lq régiment du Dauphin est dédoublé ; 
deux de ses bataillons forment un nouveau régi- 
ment qui prend le nom de régiment du Perche. 

1791. Gonfqrmément à l'ordonnance du 1^'' 
janvier 1791, le régiment du Perche perd son 
nom et prend le titre de 30<^ régiment d^fante- 
rie qu'il conserve jusqu'en 1796. 

1795. Au milieu de l'année 1795. les régiments 
sont remplacés par des demi-brigades de ba- 
taille. Aucune ne porta le n^ 30. 



— 8 - 

1796. A la réorganisation de l'armée, en l'an 
IV, les éléments qui composaient les demi-bri- 
gades de bataille sont amalgamés entre eux et 
forment de nouveaux corps qui prennent le nom 
de demi-brigades; la 72® demi-brigade de ba- 
taille devint, par voie de tirage au sort, la 30® 
demi-brigade de ligne. 

1803. L'arrêté du 1®»" vendémiaire an XII (24 
septembre 1803), ayant supprimé la dénomina- 
tion de demi-brigade, le corps reprend le titre 
de 30® régiment d'infanterie de ligne. 

1815. Au licenciement de l'armée qui suivit la 
chute de l'empire, le fond du 30® de ligne con- 
tribue à former la légion de la Charente. 

1820. Par ordonnance royale du 23 octobre, 
la légion de l'Oise devient le 30® régiment de 
ligne actuel. 

RÉGIMBNT, PREMIÈRE ORIG^E DU 30® 

(1617-1669) 

Enumérer toutes les actions de guerre aux- 
quelles prit part le régiment créé par M. de 
LA Rainville, pendant cette période de 1617 
à 1669, dépasserait les bornes de ce petit abrégé, 
car nous le voyons figurer soit à l'attaque, soit 
à la défense de 47 villes ou châteaux, assister à 
6 combats, à une bataille rangée e-t à deux expé- 
ditions en mer ; aussi, nous bornerons-nous à 
ne mentionner ici que les principales. 

1617. Siège de Soissons. 

1622. Combat de Saint-Gilles. Premier blocus 
de la Rochelle. 

1638. Siège de Saint-Omer, où le mestre de 



— 9 — 

camp (colonel) de Bourdonné et le lieutenant- 
colonel DE GouLAiNE sont grièvement blessés. 

1642. Défense d'Aire; le régiment soutient 
avec une grande Jyravoure 24 jours de tranchée 

ouverte. 

1543. Bataille de Bocroi, gagnée par le duc 
d'Enghien sur les Espagnols. 

1647. Combat de Civitale ; le mestre de camp, 
chevalier de la Boche-Chémerault, y est blessé. 

1667. Siège de Berghes; le mestre de eamp, 
marquis de Saint-Lieu, y est tué. 

1669. Expédition et siège de Candie. Dans la 
grande sortie du 25 juin, le mestre de camp, 
marquis de Lignières, est tué, le lieutenant-co- 
lonel a un bras emporté et le régiment est pres- 
que entièrement détruit. 

BÉGIMENT DU DAUPHIN 

(1669-1775) 

C'est au retour de l'expédition de Candie, que 
Louis XIV incorpora ce qui restait du régiment 
de Lignières dans le régiment du Dauphin. Le 
régiment du flis aîné du roi, composé avec un 
soin jaloux, était l'un des plus brillants de l'arme 
de l'infanterie ; il prit une part active à toutes 
les guerres du règne de Louis XIV et de Louis 
XV et sut, en toutes circonstances, justifier la 
belle devise que le roi avait fait inscrire sur ses 
drapeaux : 

Mes prœstant, non verha, fidem. 

De 1669 à 1775, le régiment du Dauphin 
compte dans son histoire 14 batailles rangées, 
61 sièges ou défenses de villes, sans compter 



— 10 — 

une foule de combats. Voici les traits principaux 
de ses glorieuses annales : 

1670. Le régiment du Dauphin fait les cam- 
pagnes de Lorraine, sous de Gréqui. 

1672. Dauphin fait partie de l'armée de Hol- 
lande. Il débute par la prise de vive force de la 
petite place d'Orsoy. 

1672-73. Après avoir contribué à la prise de 
diverses autres places, il prend part à cette belle 
campagne d'hiver, dans laquelle Turenne rejette 
l'ennemi sur le Weser et l'Elbe. Le régiment du 
Dauphin se trouve ensuite sous Maëstricht, 
assiégée par Vauban. Il emporte de vive force 
l'ouvrage à cornes. Obligé de l'évacuer par suite 
de l'explosion d'une mine et le retour offensif 
de l'ennemi, il le reprend jusqu'à six fois. Enfin, 
manquant de munitions, il est obligé d'abandonner 
le terrain, qu'il laisse couvert du sang de 37 de 
ses officiers, et de 234 sergents et soldats. L'en- 
nemi capitule quelques jours après. 

1674. Siège de Besançon. Le lieutenant-colo- 
nel DE BÉRiNGHEN a la tête emportée par un 
boulet de fauconneau. 

1676. Prise d'Aire. Dauphin, chargé de l'attaque 
d'un ouvrage avancé, franchit le fossé à la nage 
et s'empare de l'ouvrage avec un entrain admi- 
rable. La place capitule le lendemain. 

1677. Au siège de Cambrai, Dauphin fait 
partie des colonnes d'assaut qui enlèvent la 
brèche, et y laisse une centaine de ses plus 
vaillants soldats. 

1678. Au siège de Gand, il enlève de vive 
force deux demi-lines. Il contribue puissam- 
ment au gain de la bataille de Saint-Denis, près 
Mons, et 33 officiers y sont tués ou blessés. 



— là — 

1689. Dauphin se couvre de gloire dans la 
défense de lilayence, sous les ordres du lieute- 
nant-colonel d'Huxelles. 

1691-93. Les sièges de Mons et de Namur 
fournissent à Dauphin de nouvelles occasions de 
se distinguer. Le 4 août 179i, Dauphin était à 
la bataille de Steiukerque, gagnée par Luxem- 
bourg. 11 Y eut 44 officiers et 432 hommes de 
troupe tués ou blessés. 

1703. Il est cité pour sa vigueur dans les 
opérations de la Forêt-Noire, et se trouve à la 
bataille de Hochstedt, gagnée par Villars. 

1706. Bataille de Turin, perdue contre le 
prince Eugène. Dauphin est sacrillé pour cou- 
vrir la retraite de l'armée. Il y est presque 
entièrement détruit. 

1713. Siège de Landau^ où se distingue le lieu- 
tenant DU Cimetière. 

1734. Batailles de Parme et de Guastalla, 
perdues par les Autrichiens. A la première, 
Dauphin a 35 officiers et pins de 300 hommes 
tués ou blessés ; à la deuxième, son colonel, 
DE Chaste, est tué ; il a 34 officiers et plus de 
800 hommes tués ou blessés. 

1745. Bataille de Fontenoy, gagnée par le 
maréchal de Saxe, sur les Anglais et les Hollan- 
dais coalisés. 

1746. Siège de Bruxelles, où s'illustre le 
sergent La Violette.. 

1747. Siège de Berg-op-Zoom. Dauphin est 
chargé de l'attaque de la demi-lune. 11 y met 
tant de vigueur que l'ouvrage est emporté en 
une demi-heure. Ce siège lui coûta 885 hommes ; 
8 capitaines y furent tués. 

1757. Campagne de Hanovre, 



— 42 — 

1759. Victoire de Bergen. 

1761. Les régiments du Roi et du Dauphin, 
qui font brigade ensemble, ont les honneurs des 
malheureuses affaires de Villingshausen. Ils 
luttent toute la journée contre un corps anglais 
tout entier. Dauphin y laisse presque tous ses 
grenadiers et ses chasseurs. 



RÉGIMENT DU PERCHE 

(1775-1791) 

L'existence du régiment du Perche fut courte, 
mais non sans gloire. De 1779 à 1781, il prend 
part à la campagne de mer dans l'escadre du 
comte de Guichin et assiste au combat naval 
livré, le 13 octobre 1781, vis-à-vis la Guadeloupe ; 
de 1781 à 1783, il est à bord de l'escadre com- 
mandée par le comte n'Estaing et prend part à 
la guerre de l'Indépendance américaine. 

30® RÉGIMENT DE LIGNE 

(1791-1795) 

1792. Le régiment du Perche,' devenu le 30® 
régiment d'infanterie de ligue, fait partie de 
l'armée du Nord. 

Il fait la campagne de l' A rgon ne sous Dum ourlez 
et assiste à la bataille de Valmy, à la suite de 
laquelle les Prussiens sont rejetés hors de notre 
territoire. 

1793. Il est passé à l'armée de la Moselle et 
se trouve à la bataille de Pirmasens. 



— 13 — 

1794. Son 2® bataillon est envoyé à la Marti- 
nique. 

1795. Le 30« est employé au blocus de Luxem- 
bourg. 

30» DEMI-BRIGADE D'INPANTERIE 
(1796-1803) 



Campagnes de 1796 et 1797. 
Combat de Nenwied. 

La 30® demi-brigade, à Tarmée de Sambre-et- 
Meuse, fait partie de la division Bonnard, brigade 
Priant. Elle est commandée par le cbef de brigade 
D'Arnaud. Elle s'illustre au pont de Neuwied 
dont elle couvre le passage, comme dernière 
arrière-garde de l'armée obligée de repasser le 
Rhin. Sa belle conduite en cette circonstance 
fut signalée par le général en chef Jourdan, et 
lui valut les félicitations des membres du Direc- 
toire. 

La même année, elle est employée au blocus 
de Mayence et se distingue dans le combat de 
nuit du 3 fructidor (20 août). 

En janvier, la 30® demi-brigade est envoyée à 
l'armée d'Italie; elle est placée dans la division 
Bemadotte et forme, avec la 88^, la brigade 
Priant, 

Passage du Tagliamentd. 

Elle se trouve à la bataille du Tagliamento, 
gagnée par Bonaparte (16 mars) sur les Autri- 
chiens. 



— 14 — 

Prise de Gradisca. 

Trois jours après, engagée en première ligne 
devant Gradisca, elle a 1 capitaine tué^ 4 officiers 
blessés et une soixantaine de soldats tués ou 
blessés, dans le combat qui amène la reddition 
de cette place. 

Marche victorieuse sur Vienne, par Gorizia, 
Leyback, Neumarkt, et Saint-Michel, arrêtée à 
25 lieues de cette capitale par les propositions 
des Autrichiens battus partout. Ces propositions 
aboutissent au glorieux traité de Campo-Formio 
(17 octobre 1797). La 30® demi-brigade revient 
occuper Trieste. 

Campagnes de 1798 et 1799. 

Occupation de Rome. 

En janvier 1798, la 30® demi-brigade, toujours 
commandée par le chef de brigade d'Arnaud, 
fait partie de troupes envoyées à Rome, sous le 
commandement en chef du général Championnet. 
La république romaine est proclamée. 

Les Autrichiens, alliés aux Napolitains, repren- 
nent les armes, sous le commandement en chef 
dn général Mack. Ils comptent sur les secours 
des Russes. Championnet évacue Rome pour n'y 
être pas bloqué ; il laisse deux bataillons, dont 
un de la 30® demi-brigade, au fort Saint-Ange et 
prend position à Civita-Castellana. Les deux 
autres bataillons de la 30® sont placés dans la 
division Macdonald. 



— 13 — 



Combat de Magliano. 

Le 30 novembre, une avant-garde de 6,000 
Napolitains est mise en déroute à Magliano 
par un détachement de 500 hommes dont 300 
appartenaient à la 30^ demi-brigade. 

Combat *de Civita-Castellana. 

Le o décembre, toute l'armée napolitaine, for- 
mée en 5 colonnes, se jette sur le camp de Civita- 
Castellana. La brigade dont fait partie la 30^ 
culbute l'une de ces colonnes et lui prend 8 piè- 
ces. Un détachement, commandé par le lieute- 
nant Dathay, est cité comme ayant fait 
prisonniers : un colonel, un capitaine et bon 
nombre de soldats. 

Combat d'Otricoli. 

Le 6 décembre, un bataillon de la 30*^ tombe 
sur une colonne de 4,000 Napolitains qui, à la 
faveur de la nuit, a surpris le village d'Otricoli. 

Il la met dans une déroute complète et lui 
prend 4 canons. 

Combat de Garigliano. 

Les Napolitains sont rejetés et poursuivis sur 
leur territoire. La division Macdonald enlève le 
passage du Garigliano dans un brillant combat 
où l'ennemi perd 80 pièces de canon et marche 
sur Capoue. 



- 16 

Prise de Galvi. 

L'ennemi essaye de tenir à Galvi. H est cul- 
buté dans cette ville par la 30®, et laisse entre 
ses mains 4,000 prisonniers, 8 pièces de canon 
et 15 drapeaux. 

Siège de Gapoue. 

Le 3 janvier, Macdonald arrive devant Gapoue 
et tente, mais sans succès, d'enlever la place 
séance tenante. La 30^ se distingue dans cette 
attaque par la prise de deux redoutes, ainsi que 
dans une série de huit jours de combats qui 
décidèrent l'ennemi à demander un armistice 
pour prix duquel il rendit Gapoue et diverses 
autres places (11 janvier). Le chef de brigade 
d'Arnaud, qui avait été fait prisonnier cinq jours 
auparavant dans un de ces engagements, nous 
est également rendu. 

Prise de Naples. 

L'armistice ayant été violé quelques joui*s 
après sa conclusion, Ghampionnet dirigea toutes 
ses forces sur Naples. Malgré les intelligences 
qu'on avait dans la place, il fallut trois jours de 
combats des plus sérieux pour s'en rendre 
maître. 

La lutte commença le 21 janvier ; la 30*^ eut 
à soutenir un combat des plus vifs à Aversa. 
L'ennemi laissa entre nos mains 300 cavaliers, 
un équipage de pont et 15 pièces de canon. Le 
22, nouveaux combats à Gapo-di-Ghino et Gapo- 
dl- Monte. Enfin, le 23, après une sanglante mêlée 



— 17 — 

dans les rues, le fort Saint-Ëlme ayant été livré 
aux B^rançais, la ville reste en leur pouvoir. Cham- 
pionnet y proclamé la République partbéno- 
péenne. 

Pendant ces opérations, le bataillon laissé à 
Rome au château Saint-Ange, aux ordres du 
commandant Yalterre, y avait été assiégé par 
une insurrection et avait repoussé tontes les 
attaques. 

L'occupation du royaume de Naples donna lieu 
à une foule de combats partiels. La 30^ se distin- 
gue à ceux de Traëtto, de Castelforte, de Pos- 
terna, de Geza, de Citerna, etc, etc. 

Mais au Nord, l'armée d'Italie, commandée par 
Schérer, subit on grave échec à Magnano, près 
de Vérone (5 avril). Les Russes^ devenus les alliés 
des Autrichiens, leur amènent de paissants 
renforts et Souvarofï, surnommé l'Invincible, 
a pris le commandement de l'armée alliée. La 
nôtre est de nouveau battue à Cassano (28 avril). 
Moreau en reçoit le commandement et la ramène 
sur Gènes. ^ 

Le Directoire enjoint alors à Macdonald, qui 
a remplacé Ghampionnet, l'ordre de laisser des 
garnisons dans les places et de venir avec l'armée 
de Naples se joindre à Moreau. La dispersion des 
Autrichiens et des Russes permet d'espérer que 
la jonction pourra se faire vers Tortone. 

Macdonald quitte Naples le 7 mai, arrive à 
Rome le i6, et prend position le 25 en Toscane, 
où il réorganise ses divisions, à l'aide des corps 
ralliés des divers points des Romagnes. La 30^ 
demi-brigade est placée dans la division Olivier, 
forte de 5,600 hommes. Le 6 juin, il se remet en 
mouvement et se dirige sur Modène occupée par 

Hi*l. 30- de ligno. « 



— i8 — 

le corps autrichien de HohenzoUern, fort d'envi- 
ron 6,000 hommes. 

Prise de Modène. 

Le i2, là division Olivier est chargée de l'atta- 
quer. Les Autrichiens sont mis en déroute et ex- 
pulsés de Modène après un comhat des plus bril- 
lants et un assaut dans lequel la 30® ouvre à 
l'armée les portes de la place. 

Prise de Plaisance. 

Le 16, nos avant-gardes arrivent devant Plai- 
sance. Le général Ott, qui commande deux divi- 
sions autrichiennes, évacue cette place en toute 
hâte et se replie par la grande route de Tortone 
sur laquelle on signale l'approche de Souwaroff. 

Bataille de la Trebbie. 

Le 17, Macdonald le fait attaquer sur le Tido- 
ne, à 5 kilomètres au-delà de la Trebbie, par trois 
divisions et demie. Ott est mis en déroute. 
Malheureusement Macdonald et Moreau ont trop 
tardé à réaliser leur jonction, et Souvaroff inter- 
vient à temps, non seulement pour 1^ sauver, 
mais pour nous rejeter sur la Trebbie, après 
une lutte opiniâtre qui a duré jusqu'à la nuit. 

Le iS, Macdonald n'a pu encore achever sa 
concentration. Ses trois divisions, qui se sont 
battues la veille, sont attaquées, dès le matin, 
par Souwarolî, dans leurs positions de la rive 
gauche de la Trebbie qui nous appartient encore. 
Les Austro-Russes font, comme nous, des pertes 
considérables. Mais, grâce à leur supériorité 
numérique, ils nous rejettent, après dix heures 
de combat, sur la rive droite où ils n'osent pas 



ûous suivre, en voyant entrer en ligne, vers 2 
heures, les trois divisions Watrin, Montrichard 
et Olivier. 

Le 19, Macdonald prend l'offensive. Les divi- 
sions Olivier et Montrichard sont destinées à en- 
foncer le centre de l'armée austro-russe. 

La 30® formait la tête de colonne de la division 
Olivier. Brillamment enlevée par le chef de bri- 
gade d'Arnaud, elle passe la Trebbie, en colonne 
serrée par pelotons, les hommes ayant de l'eau 
jusqu'à la ceinture. Elle se déploie sur l'autre 
rive, met en déroute la cavalerie qui la charge, 
culbute l'infanterie qui lui est opposée et atteint 
le village de San-Nicolo, ayant dépassé l'artille- 
rie ennemie de plus de 300 toises, dit le rapport 
du chef de brigade d'Arnaud. Mais son exemple 
n'est pas suivi. Par suite de circonstances fata- 
les et de faux mouvements à gauche, la division. 
Montrichard repasse la Trebbie et disparait du 
champ de bataille, tandis qu'à droite la cavale- 
rie et la division Watrin transportent trop loin 
leur action. La division Olivier se trouve isolée 
et, vivement attaquée sur ses deux flancs, se 
voit forcée de battre en retraite. Un instant, la 
30° demi-brigade est cernée. Mais elle passe sur 
le corps des ennemis qui l'entourent et reprend 
position derrière la Trebbie, toujours en com- 
batta)it. Elle avait 28 officiers hors de combat, 
dont 6 tués, et environ 300 hommes tués ou 
blessés. Les alliés ne purent forcer le passage. 
Mais, le lendemain, Macdonald, qui ne pouvait 
compter comme eux, sur des renforts, dut battre 
en retraite. Afifaibli de 18,000 hommes sur 36,000, 
il parvint à atteindre Gênes par les monUgnes 
et le bord ^9 )a mer. 



— âO — 

Malgré ses conséquences funestes, la bataille 
de la Trebbie n'en constitue pas moins une des 
plus belles pages des annales de la 30^'. En rai- 
son de leur brillante conduite, le commandant 
Lajeunesse fut reçu chef de brigade, le capitaine 
Marchand chef de bataillon, trois sous-lieute- 
nants furent nommés lieuteaaDts et trois sous 
officiers furent nommés sous-lieutenants. 

L'armée de Naples fut fondue avec l'armée 
d'Italie, pour n'en former qu'une qui garda le 
nom d'armée d'Italie, et fut placée sous les or- 
dres de Joubert. Par suite de cette fusion, la 30^ 
demi-brigade forma, avec la 78^, la première 
brigade (Petitot) de la division Watrin. 

Bataille de Novi. 

Dans les premiers jours d'août, Joubert essaie 
de reprendre la campagne et de porter les opé- 
rations vers Alexandrie ; le 15, il se heurta, 
avec 40,000 hommes, à Novi, contre Souvarolï 
qui en avait 70,000. Cette bataille fut l'une des 
plus terribles de ce temps. La division Watrin 
s'y montra l'un des plus fermes appuis de l'ar- 
mée. Les Français furent obligés de se retirer 
avec une perte de iO,000 hommes, mais sans 
laisser un seul canon à l'ennemi qui perdit 
20,000 hommes et 3 canons, dont l'un fut pris 
par la 30®. L'ennemi fut, pour tout le reste de la 
campagne, incapable de débusquer l'armée fran- 
çaise de ses positions s'appuyant sur (iénes. Il 
éprouva même un certain nombre d'échecs par- 
tiels auxquels la division Watrin, et en particu- 
lier la 30®, eut la part la plus brillante, notam- 
ment à Sestri (20 octobre) et à Novi (5 novem- 



— 21 — 

bre, où deux corps autrichiens furent successi- 
vement battus. 

La 30® a été tellement éprouvée par cette 
campagne qu'elle est ramenée en France pour se 
reformer. Elle laisse à l'armée d'Italie un déta- 
chement de oOO hommes qui est placé dans la 
division Mingaud (corps de Suchet). 

Campagne de 1800. 

La 30^, reconstituée en France, est placée dans 
la division Boudet et fait partie de l'armée avec 
laquelle Bonaparte, devenu premier consul, se 
propose d^aller au secours de l'armée d'Italie. 

Masséna, qui commande cette dernière, s'est 
vu contraint de se jeter dans Gênes où il résiste 
à tous les efforts d'une nombreuse armée autri- 
chienne commandée par Mêlas. Il va succomber; 
mais son héroïque résistance, en attirant toutes 
les forces de l'ennemi sur les Apennins, va per- 
mettre à Bonaparte de réaliser, en se frayant un 
chemin à travers les Alpes, l'une de ses concep- 
tions les plus hardies et les plus fécondes. 

Passage du Grand Saint-Bernard. 

En effet, pendant que Mêlas aventure des corps 
sur le Var et s'attarde à la capitulation de Gênes, 
le Premier Consul franchit le Grand Saint-Ber- 
nard, ayant réussi à dissimuler jusqu'au bout à 
l'ennemi l'existence de son armée. Le passage 
commen(;a dans la nuit du 14 au 15 mai. Le 
transport du matériel semblait offrir des diffi- 
cultés insurmontables. La ténacité du chef et la 
vigueur des soldats en triomphèrent. On frac- 



— 22 — 

tionna les voitures, les affûts, les convois de 
munitions et de vivres, en charges assez petites 
pour être portées sur des traîneaux ou sur des 
mulets ; on plaça les canons dans des troncs de 
sapin tirés chacun par une centaine d'hommes 
et, en moins de huit jours, chevaux, hommes, 
canons, tout passa. Tout à coup, dans la partie 
moyenne de la vallée italienne, au fond de 
laquelle on cheminait, se dresse un obstacle im- 
prévu, le fort de Bard qui commande la route et 
qu'on essaie, mais en vain, de prendre d'assaut. 
Sans se laisser rebuter, on taille dans le roc un 
chemin pour permettre à l'infanterie et à la cava- 
lerie de tourner l'obstacle. Puis, des hommes 
intrépides — la 30® demi-brigade en fournit un 
détachement — s'emparent du village de Bard, 
sous les murs mêmes du fort, et jonchent la 
route de fumier ; on entoure de paille les roues 
des canons et nos canonniers passent sans bruit 
en traînant eux-mêmes leurs pièces pendant la 
nuit. 

Le 23, Lannes emporte Ivrée d'assaut et l'armée 
s'y trouve réunie quatre jours après. Le 26, la 30® 
demi-brigade prend part, avec toute la division 
Boudet, au combat de la Ghiusella, livré par le 
général Lannes à un corps d'observation accouru 
à la nouvelle des mouvements effectués sur Bard 
et sur Ivrée. Les Autrichiens sont vivement 
rejetés sur Turin. La direction imprimée à cette 
action donne le change à Mêlas qui persiste à 
douter que les mouvements dont on lui rend 
compte, du côté du Saint-Bernard, du Mont-Genis 
et du Saint-Gothard, puissent se rattacher aux 
opérations d'une armée de quelque importance. 
Bonaparte met à profit cette incertitude de son 



— 23 — 

adversaire et marche vers le Tessin. Il en force 
le passage à Turbigo et Buffalora^ avec les divi- 
sions Monnier et Boudet, placées momentané- 
ment sous les ordres de Murât, et entre à Milan 
le â juin. 

Pressant la marche de ses corps éloignés, 
notamment celle de Moncey qui lui amène 15,000 
hommes par le Saint-Gothard, il jette la plus 
grosse masse de ses forces au-delà du Pô, vers 
Pavie et Plaisance, et se trouve maître de la 
ligne de retraite de l'armée autrichienne. Mêlas, 
enfin désabusé, veut la ressaisir. Mais ses avant- 
gardes sont battues d'abord aux environs de 
Plaisance, puis à Montebello. Il se décide alors 
à livrer bataille pour tâcher de se faire jour, et 
le 14 juin, au matin, il débouche d'Alexandrie 
sur Marengo avec 36,000 hommes, dont 8,000 
cavaliers et 100 bouches à feu. 

Bataille de Marengo. 

Bonaparte n'est en mesure d'opposer immé- 
diatement à ces masses que les deux divisions 
Gardane et Chambarlac, commandées par Victor, 
la division Walrin, commandée par Lannes, et 
deux brigades de cavalerie ; c'est-à-dire 15,000 
fantassins, 3,000 chevaux et 40 pièces de canon. 
Car, dans la crainte de voir Mêlas lui échapper, 
il s'est vu entraîné à une certaine dissémination 
de ses forces. Heureusement, il peut compter 
sur la prompte entrée en ligne de la garde con- 
sulaire (800 fantassins et 300 cavaliers) et d'une 
troisième brigade de cavalerie. De plus, la divi- 
sion Monnier, qui couvre sa droite vers le Pô, 
et la division Boudet, envoyée vers la gauche 



— 24 — 

sous les ordres de Desaix, pour surveiller la 
route de Gênes, peuvent intervenir en temps 
utile. Heureusement aussi, les deux divisions 
Ghambarlac et Gardane ont débusqué, la veille, 
les Autrichiens de Marengo et Toccupent soli- 
dement. Secondés par la division Watrin qui 
vient s'établir à leur droite, elles disputent avec 
la plus grande énergie la ligne du Fontanone qni 
couvre les abords du village. Malgré leur infé- 
riorité numérique, ces intrépides divisions ne 
désespèrent pas d'arrêter, encore une fois, ce 
même ennemi qu'elles ont si glorieusement battu 
quelques jours auparavant à Montebello. Pendant 
six heures, elles repoussent ses assauts déses- 
pérés et lui infligent des pertes considérables. 
Mais les Autrichiens viennent à bout de dé- 
ployer toutes leurs forces. Débordées sur leurs 
ailes, nos trois divisions se voient forcées de 
reculer. Bonaparte fait alors entrer en ligne les 
800 grenadiers de la garde consulaire et la divi- 
sion Monnier. Il arrête ainsi un instant les progrès 
de l'ennemi et réussit même à enlever à droite le 
village de Gastel-Geriolo. Mais il ne parvient pas 
à rétablir l'équilibre dans cette lutte dispropor- 
tionnée. Ecrasé dans Marengo par la mitraille, 
Victor est obligé de battre en retraite vers San- 
Giuliano, sur la grande route de Plaisance. Bona- 
parte fait soutenir son mouvement par la cava- 
lerie et prescrit au reste de sa ligne de s'y con- 
former peu à peu, tout en tenant ferme à droite, 
vers Gastel-Gelerio. Lanues,par l'importance du 
développement de sa ligne qui comprend cinq 
régiments, en règle l'exécution. 11 y déploie la 
fermeté qui le caractérise, faisant exécuter de 
pofpbreux retours offensifs et mettant trois heures 



— 25 — 

à reculer d'une lieue. A la vue de ce mouvemeot 
qui découvre la grande route de Plaisance et 
lui ouvre le passage désiré, Mêlas nous croit en 
pleine retraite. Il entre à Alexandrie pour 
annoncer sa victoire à son souverain, laissant 
au général Zach, son cbef d'état-major, le soin 
de donner les derniers ordres. 

C'est alors que survient Desaix. N'ayant pas 
rencontré Tennemi dans sa reconnaissance sur 
la route de Gênes, il accourt au canon avec la 
division Boudet dont les têtes de colonne appa- 
raissent déjà sur la grande route de Plaisance, 
en arrière de San Giuliano ; et, précédant sa 
colonne, il est venu prendre les ordres du Pre- 
mier Consul. Les généraux qui les entourent 
regardent la journée comme perdue et pensent 
qu'il faut utiliser Desaix pour assurer la retraite. 
Bonaparte, qui n'a pas renoncé à la victoire, ne 
partage pas cet avis et presse vivement Desaix 
de faire connaître le sien. « La bataille est 
perdue, répond Desaix en regardant sa montre, 
mais il n'est que trois heures, il nous reste le 
temps d'en gagner une antre. » Bonaparte n'hé- 
site plus et se dispose à frapper le coup décisif 
par une vigoureuse reprise de l'offensive. 

La division Boudet comprenait trois demi- 
brigades : la 9« légère, la 30® et la o9<^. Desaix les 
forme en bataille en avant de San Giuliano, sur 
la droite de la grande route, dans l'ordre sui- 
vant : à gauche, la 9« légère ayant un bataillon 
déployé et les deux autres en colonne d'attaque 
sur les ailes ; au centre, la 30*^ ayant ses trois 
bataillons déployés; à droite, la 59® dans le 
même dispositif que la 9^ légère. A gauche de la 
route, sont établies les fractions ralliées des 



— 26 — 

divisions de Victor. A droite de Desaix se lient 
la cavalerie Kellermann prête à charger. ËnÛn 
les 7 pièces dont dispose la division Boudet, 
jointes à 5 autres amenées par le général Mar- 
mont, sont placées en batterie sur son front. 

Bonaparte arrête alors partout le mouvement 
rétrograde ; il parcourt le front des lignes, ras- 
sure les troupes en leur montrant l'arrivée des 
réserves : « C'est assez reculé, leur dit-il, sou- 
venez-vous que j'ai l'habitude de coucher sur le 
champ de bataille. » 

Du côté des Autrichiens, Zach, persuadé, 
comme Mêlas, que la journée est terminée, et 
qu'il n'a plus que des trophées à recueillir, 
formait ses lignes en ordre de marche et, précé- 
dant une épaisse colonne qui suit la grande route, 
s'avançait de sa personne avec une avant-garde 
de 2,000 grenadiers hongrois. Un pli de terrain 
lui cachait les redoutables dispositions prises 
contre lui en avant de San Giuliano. Tout à coup, 
Marmont démasque ses i2 pièces et couvre de 
mitraille cette colonne qui s'arrête interdite et 
bientôt tourbillonne en désordre. Desaix com- 
mande la charge. La i9® légère, la 30*^ et la 59«' 
s'élancent à sa voix et, après une décharge à 
bout portant, se jettent à la baïonnette sur les 
grenadiers hongrois, tandis que Kellermann 
tombe sur leur flanc avec ses cavaliers. Toute 
cette colonne, bientôt entourée, met bas les 
armes ; Zach est fait prisonnier. En même temps, 
de San Giuliano à Castel-Geriolo, la charge bat 
sur toute notre ligne qui se porte en avant avec 
un élan irrésistible. Partout les corps autrichiens 
lâchent pied. La division Boudet enlève Marengo 
en courant; la 30*^ s'empare d'un drapeau. Le 



— 27 — 

désordre est à son comble dans l'armée ennemie, 
qui se précipite pêle-mêle vers ses ponts pour 
aller se réfugier sous le canon d'Alexandrie, et 
laisse toute son artillerie et ses voitures de 
bagages dans le Fontauone et dans la Bormida. 

Mêlas capitulait le lendemain avec toute son 
armée. La victoire était complète et nous rendait 
d'un seul coup Gênes et toute Tltalie jusqu'au 
Mincio; mais elle nous coûtait Desaix, frappé 
à mort en conduisant la charge de ses régiments. 
La 30® avait, comme on vient de le voir, large- 
ment contribué au succès par sa vigueur; et 
pourtant sur i,430 hommes présents à la bataille, 
elle comptait à peine 300 vieux soldats. Mais 
ces conscrits, conduits par des chefs éprouvés 
dans plus de 20 combats, électrisés par la pré- 
sence du Premier Consul qui se mit un instant à 
leur tête, et brûlant de venger la mort de leur 
général, se comportèrent en véritables héros. Bo- 
naparte ne l'oublia pas et le nombre des armes 
d'honneur qui furent attribuées à la 30*^ demi- 
brigade, pour les actions d'éclat accomplies dans 
ce jour mémorable, témoigna de la reconnais- 
sance du général vainqueur à l'égard d'une 
troupe dont la valeur avait su si bien seconder 
son génie. 

Le détachement de la 30®, qui avait été laissé 
en Italie à la fin de l'année précédente, se distin- 
gua aux combats livrés contre les lieuteDants de 
Mêlas, dans les montagnes, par Suchet, et est 
cité dans les rapports de ce dernier. 

Passage du Mincio. 
Au mois de décembre, les Autrichiens, violant 



— 28 — 

la convention d'Alexandrie, passent le Mincie 
avec une armée de 9ii, 000 hommes, sous Belle- 
garde. Brune, qui commande l'armée d'Italie, 
se porte à leur rencontre. La division Loison, 
dont fait alors partie la 30^ demi-brigade, livre 
les combats de Volta et do Goïto (21 décembre) 
et détermine le succès dans la bataille de Poz- 
zolo (25 décembre) et le passage du Mincio. La 
brigade Compans (30« et 16<*) est citée, dans le 
rapport officiel sur ces affaires, comme s'y étant 
particulièrement distinguée. C'est encore elle 
qui, en arrivant, le i*''' janvier, sous les murs 
de Vérone, repousse la sortie à la suite de laquelle 
les Autrichiens abandonnent cette place. Leurs 
arrière-gardes sont battues le 6 janvier à Villa- 
Nuova, le 7 à Montebello, le 10 sur la Brenta, le 
12 à Castelfranco et le 14 sur la Piave. La 30^* a 
sa part de ces divers succès. Le 20, est signé 
l'armistice de Trévise qui aboutit à la paix de 
Lunéville. 



30° RÉGIMENT DE LIGNE 

(1803-1815) 



Par arrêté du 1°'* vendémiaire an XII (24 
septembre 1803), la 30° demi-brigade prend le 
nom de 30° régiment d'infanterie de ligne. Etabli 
au camp de Bruges, le 30° fait partie des forces 
destinées à opérer une descente en Angleterre, 
cette puissance ayant brutalement violé le traité 
de paix. 

De 1803 h 18i4, le 30° se trouve placé cons- 



— 29 — 

tamment sous les ordres du marccbal Davout 
et partage la gloire des trois divisions qui, sous 
le commandemeut de cet illustre homme de 
guerre, se firent, sous le premier Empire, un 
renom légendaire de valeur et de discipline. Il 
appartient à la première division, alors com- 
mandée par le général Bisson. Les deux autres le 
sont : la deuxième par le général Priant, la troi* 
sième par le général Gudin. Il est sous les ordres 
du colonel Valterre. En 1805, le corps d'armée 
Davout ost réuni au camp d'Ambleteuse. 

Campagne de 1805. 
Capitulation d'Ulm. 

L'Autriche et la Russie font alliance avec l'An- 
gleterre. Le premier consul Bonaparte, devenu 
l'empereur Napoléon, se voit, par suite du dé- 
sastre de Trafalgar, mis dans l'impossibilité de 
réaliser ses projets de descente. Jetant alors sur 
l'Autriche, avant l'arrivée des Russes, la grande 
armée qu'il destinait à cette opération, il com- 
bine la marche de ses corps d'armée de telle façon 
qu'il enferme dans Ulm la principale armée autri- 
chienne, commandée par Mack, et la force à 
mettre bas les armes. 

Par suite de ses combinaisons, le 3<^ corps 
(maréchal Davout), qui est parti d'Ambleteuse 
^le 29 août et qui a franchi le Rhin le 25 septem- 
bre à Manheim, est dirigé sur Neubourg, où il 
passe le Danube le 7 octobre, et est placé à 
Dachau. En ce point, situé àégale distance d'Augs- 
bourg et de Muuich, Davout sert d'appui aux 
opérations qui se font vers Ulm, eu même temps 



— 30 — 

qu'il est en mesure de renforcer du côté de 
Munich les corps déjà établis pour faire lête aux 
Russes qui accourent à marche forcée. 

Passage de Tlnn. 

Le 23 octobre, on marche contre eux. L*lnn 
est franchi à Muhldorf, le 27, après un combat où 
le 30® fait quelques pertes. Les Austro-Russes 
battent en retraite sur Vienne. Le 3® corps et la 
cavalerie Murât les atteignent le 30^ à Mersberg, 
et leur font 500 prisonniers. 

Combat de Lambach. 

Le lendemain, le 3® corps trouve leur arrière- 
garde en position à Lambach. Le 30® et le 17® 
de ligne les chargent avec vigueur et les forcent 
à la retraite, en leur enlevant 2 canons et 200 
prisonniers. Napoléon cite le 30® et le 17® de 
ligne à l'ordre de l'armée. 

Le général Bisson, grièvement blessé à Lam- 
bach, est remplacé par le général Gafarelll. La 
division Gafarelll se trouve^ le 5 novembre, au 
combat de Steyer et, le 8, 4 celui de Mariazell. 
Le 15, elle entre & Vienne, qui a ouvert ses 
portes le 13. Elle en repart le lendemain, pour 
concourir à la poursuite de l'ennemi, qui 
s'échappe vers la Moravie et se rallie sous 
Olmûtz. Napoléon précipite la marche des corps ^ 
qu'il destine à le battre et, vers la un de novembre, ^ 
ayant réuni 66,000 hommes autour de Brilnn, il 
se porte au-devant dés Austro-Russes. Le 1®^ 
décembre, il les trouve marchant eux-mêmes à 
sa rencontre à hauteur d'Austerlitz. 



— 3i - 

Bataille d'Austerliti. 

(Inscrite sur le drapeau du régiment.) 

L'armée alliée est forte de 95,000 hommes. 
Bien que les empereurs de Russie et d'Autriche 
en suivent les mouvements, c'est Kutusoff qui 
la commande. Napoléon établit la sienne en 
arrière du Goldbach, à cheval sur la route de 
Brunn à Olmûtz. Feignant une attitude défensive, 
il abandonne aux alliés les magnifiques hauteurs 
de Pratzen, qui semblent commander son front, 
cela dans le but de leur imposer l'idée de le 
tourner par sa droite et de lui enlever la route 
de Vienne. Il calcule que pour exécuter cette 
manœuvre séduisante, ils seront forcés de 
s'étendre vers leur gauche, et par suite, de 
dégarnir les hauteurs de Pratzen, qu'il pourra 
alors facilement reconquérir ces dernières, et 
couper par là môme leur armée en deux. 

Dans l'après-midi, il les voit en effet se dé- 
ployer sur le plateau de Pratzen ; puis masser 
des forces considérables du côté où il désire les 
voir prononcer leur action. Il ne doute plus 
qu'ils ne soient déjà engagés dans le piège qu'il 
leur a tendu. C'est alors, qu'il dicte une procla- 
mation célèbre qui, lue le soir aux troupes, 
répandit dans les rangs un enthousiasme indes- 
criptible. « L'ennemi va marcher pour 

tourner notre droite^ disait-il, mais il nous 
présentera le flanc > ; et chaque soldat voyait 
un gage assuré de la victoire dans cette parole 
inspirée d'un chef qui semblait connaître tous 
les secrets de l'ennemi, et commander en quelque 
sorte aux deux armées. Une illuminatloa im- 



— 32 — 

provisée, à l'aide de milliers de perches sur- 
montées de bottes de paille, éclaira les bivouacs 
pendant plusieurs heures, témoignant de l'allé- 
gresse des troupes à l'approche de la bataille 
annoncée pour le lendemain. 

Gomme conséquence de son plan, Napoléon 
dégarnit sa droite. Il n'y laisse qu'une division 
et un corps de cavalerie à Davout, qu'il charge 
du soin de contenir l'ennemi, tout en lui laissant 
gagner du terrain peu à peu. Se resserrant sur 
son centre, il donne à Sooltla mission de s'élancer 
avec ses trois divisions sur le plateau de Pratzen, 
dès que les masses ennemies en seront descen- 
dues pour forcer notre droite. Et, pour rendre 
irrésistible ce mouvement d'où dépend la vic- 
toire, il masse derrière Soult, et prête à s'élancer 
sur ses traces, une réserve de 25,000 hommes : 
le corps de Hemadotte, les grenadiers, Oudinot 
et la garde. Murât est en outre chargé de l'ap- 
puyer du côté de la route d'Olmûtz. Enfin, 
Napoléon établit fortement sa gauche, com- 
mandée par l'intrépide maréchal Lannes, entre 
cette route et les montagnes de Bosenitz, en lui 
donnant pour point d'appui le mamelon du San- 
ton. En prévision de la bataille, on travaillait 
depuis quelques jours à couvrir le Santon de 
retranchements et d'artillerie. La garde en est 
confiée au général Glaparède et au i7^ léger, qui 
jurent de le défendre jusqu'à la mort. La divi- 
sion Gafarelli, momentanément placée sous les 
ordres du maréchal Lannes, est établie sur 
deux lignes au commencement de la bataille, la 
droite au village de Girzikowitz, la gauche à la 
route d'Olmûtz ; le 30« est sur la première 
ligne. 



— 33 — 

Le 2 décembre, à la pointe du jour, la fusillade 
qui éclate sur notre droite confirme Napoléon 
dans ses calculs : les masses ennemies quittent 
les hauteurs et dirigent leur action sur sa droite. 
Il leur donne le temps d'accentuer assez leur 
mouvement pour qu'il soit irrémédiable ; et vers 
9 heures, au signal donné, Soult lance ses trois 
divisions. En 20 minutes, les têtes de colonne 
atteignent le bord du plateau de Pratzen et s'y 
déploient, Kutusoff est terrifié à la vue de nos 
troupes, déjà maîtresses de positions qu'il con- 
sidérait comme un rempart assuré pour son 
front. 11 a le pressentiment du désastre qui attend 
son armée. En vain il veut resserrer sa ligne, 
pour fermer la trouée ouverte sur son centre. 
Mais, d'une part, les masses qui formaient sa 
gauche se sont laissé attirer par le succès pas- 
sager que nous leur avons ménagé, et elles 
échappent désormais à son action ; d'autre part 
son aUe droite, vaillamment commandée par 
Bagration, après avoir épuisé en vain tous ses 
efforts contre la solide infanterie de Lannes, 
se voit, le moment venu, assaillie à son tour 
par elle et par les terribles escadrons de Murât. 
Blaziowitz, Kruch, Ilolubitz, qui couvrent de ce 
côté les abords des hauteurs de Pratzen, sont 
successivement emportés par la division Cafa- 
relli. Le- 30® se distingue au milieu de ces 
vaillants régiments, qui ramassent autour de ces 
villages 2,000 prisonniers et 8 pièces de canon 
et détruisent un corps de cavalerie, qui atenté 
d'affronter le feu de leurs redoutables carrés. 

n n'est pas midi, et déjà Kutusoff se voit 
forcé d'appeler ses dernières réserves. Mais 
déjà BernadottC) Oudinot, Napoléon et sa garde 

Hi^t. 30* do ligiio. 3 



.... :?4 — 

sont maîtres des hauteurs. La garde russe est 
culbutée. Une partie de nos masses, se rabattant 
alors à droite, tombe sur les derrières de cette 
moitié de l'armée russe, qui s'est aventurée sur 
le Goldbach dans l'espoir de nous couper de 
Vienne. Ces malheureuses troupes, se voyant 
prises entre deux feux, n'ont plus d'autre che- 
min pour s'échapper que des étangs glacés, où 
des milliers de leurs hommes périssent engloutis. 
L'armée alliée, en pleine déroute, abandonnait 
sur le champ de bataille 20,000 hommes tués ou 
blessés, 20,000 prisonniers et 280 bouches à 
feu. Le surlendemain elle était cernée, et obte- 
nait un armistice qui aboutissait au traité de 
Presbourg. 

La bataille d'Austerlitz fut appelée par les 
soldats la bataille des Trois-Ëmpereurs. Napoléon 
a dit qu'il • n'en avait livré aucune autre où la 
victoire ait été aussi prononcée et les destins si 
peu balancés «.Aussi exprima-t-11 sa satisfaction 
aux troupes dans l'une de ses plus chaleureuses 
proclamations ; « Vous avez, leur dit-il, couvert 
vos aigles d'une gloire immortelle. Rentrés dans 
vos foyers, il vous suffira de dire : J'étais à 
Austerlitz, pour qu'on vous réponde aussitôt : 
voilà un brave. » 

La paix de Presbourg coûta à l'Autriche de 
no.L:breuses provinces, 4 millions d'habitants et 
un matériel immense. Rien qu'à Vienne on trouva 
iOO^OOO fusils et 2,000 pièces de canon. Du 
bronze pris sur l'ennemi pendant la campagne, 
NapQléon fit construire à Paris, sur la place 
Vendôme, la colonne de la Grande Armée. L'un 
des héros d'Austerlitz, le général Morand, le chef 
de la première des brigades qui prirent pied sur 



— So- 
le plateau de Pratzen, fut nommé général de 
division en remplacement du général Cafarelli, 
appelé à l'état-major de l'armée. 

A la paix, les trois divisions du corps de Da- 
voiit sont ramenées sous Mayence. 

Campagne de 1806. 

L'Angleterre soulève contre la France la Prusse 
et la Russie. Napoléon court au-devant de la 
coalition avant qu'elle ait réuni ses forces. 200,000 
Prussiens, commandés par le prince de Bruns- 
wick, ont pris position sur les revers de la forêt 
de Thuringe, prêts à tomber sur les flancs de 
l'armée française. Ils supposent que cette der- 
nière va suivre les routes d'invasion ordinaires 
qui mènent du Rhin au cœur de la Prusse, 
notamment celle de Mayence à Leipsick, par 
Eisenach, Erfurt et Weimar, qui coupe la Saaîe 
à Naumbourg. Napoléon entretient Brunswick 
daiis son erreur, en laissant deux de ses corps ma- 
nœuvrer sur le Rhin, et concentre tous les autres 
ù Bamberg. Il songe à se servir de la Saale pour 
couper Brunswick comme il s'est servi du Danube, 
Tannée précédente, pour couper Mack. A cet 
effet, il fait le tour de la forêt de Thuringe par 
le Sud et l'Est et apparaît sur la rive orientale de 
la Saale, dont il ferme tous les passages, alors 
que les Prussiens croient le voir arriver par la 
rive occidentale qu'ils occupent. Branswick veut 
s'échapper, mais il n'en est plus temps. Une des 
moitiés de pju armée est attaquée et taillée en 
pièces à léna par Napoléon ; l'autre moitié, qu'il 
conduit lui-inéme et avec laquelle marche le roi 
de Prusse, tente de se faire jour par Naumbourg 
(14 octobre). 



— 36 — 



Bataille d'Auerstœdt. 



Mais Davout occupe ce débouché depuis la 
veille. Comprenant que de son opiniâtreté à le 
défendre dépend la réalisation, rêvée par Napo- 
léon, d'un plan qui peut aboutir à la destruction 
totale de l'armée prussienne, ce grand homme 
de guerre n'hésite pas, avec le» seules ressources 
de son corps d'armée, à recevoir la bataille qui 
lui est offerte vers Auerstaedt. Lutte gigantesque 
dans laquelle les trois immortelles divisions 
Morand, Priant et Gudin, qui ne comptent que 
26,000 hommes et 44 pièces de canon, réussis- 
sent non-seulement à arrêter, mais à battre et à 
refouler une armée forte de 200 pièces de canon 
et de 60,000 hommes dont 15,000 cavaliers. 
La division Gudin, arrivée la première sur le 
terrain, barre d'abord la route à l'ennemi, 
malgré des assauts formidables où Brunswick 
et MollendoTf, qui lui succède dans le comman- 
dement en chef, trouvèrent la mort. La division 
Priant s'établit à sa droite. 

Enfin la division Morand vient s'établir à 
gauche sur le plateau, où les masses prussiennes, 
impuissantes contre Gudin et Priant, vont 
maintenant concentrer tous leurs efforts. Mais 
les carrés de Morand laissent arriver à 40 pas 
les innombrables cavaliers qui précèdent ces 
masses et se font des remparts de cadavres. 
Les attaques combinées de l'infanterie et de la 
cavalerie ne parviennent pas davantage à enta- 
mer cette solide division dont tous les régiments 
se montrent dignes les uns des autres et peu- 
vent bientôt prendre une vigoureuse offensive. 



— 37 — 

L*eiinemi tente un dernier effort de ses réserves, 
espérant déborder notre gauche et se faire jour 
sur Naumbourg. Mais Davout s'en est aperçu et 
il lui oppose le 30« et un bataillon du 17® que 
Morand conduit lui-même : « Rien ne résiste, dit 
le général Morand dans son rapport, à la mar- 
che de ces braves bataillons qui bientôt se 
trouvent avec l'artillerie à même d'agir sur les 
flancs de l'armée prussienne » et l'obligent 
décidément à la retraite. Ce triomphe coûte aux 
divisions de Davout 7,000 hommes tués ou 
blessés ; mais elles ont mis 10,000 Prussiens hors 
de combat et leur ont pris 115 pièces de canon 
et tous leurs bagages. 

Par suite des deux victoires d'Iéna et 
d'Auerstaedt, l'armée prussienne a cessé d'exis- 
ter. Une quinzaine de jours suffit à ramasser ses 
débris et l'on arrive à Berlin. Napoléon veut que 
ce soit le vainqueur d'Auerstaedt qui y entre le 
premier (25 octobre). Il y passe en revue le 3® 
corps et lui renouvelle les félicitations qu'il lui 
a déjà adressées dans son 27® bulletin de la 
Grande Armée. 

Combat de Gzarnowo. 

Dès le 29, la marche en avant est reprise, 
Napoléon veut en finir avec les Russes avant 
rhiver et pour leur « épargner, dit-il, la moitié 
du chemin », il dirige la Grande Armée vers la 
Vistule. Le 30 novembre, le 3® corps entre à 
Varsovie. Les Russes l'ont évacué à son appro- 
che et se sont établis entre l'Ukra et la Narew 
an nombre de 95,000 hommes. Le 23 décembre, 
le passage de l'Ukra et de la Narew est ouvert 



— 38 - 

par le brillant combat de nuit de Czaniowo, 
livré en grande partie par la division Morand. 
Tous les régiments de la division s'y distinguè- 
rent, mais particulièrement le 30® à qui fut 
réservé l'honneur d'enlever le village de 
Czarnowo, point d'appui principal de la ligne 
russe. Son colonel et divers officiers sont cités 
dans le rapport du maréchal Davout. 

Combats de Soldau, Pultusk et Golymin. 

Trois chaudes affaires ont lieu le 26. Les 
diverses parties de l'armée russe sont simulta- 
iicmeut battues à Soldau, Pultusk et Golymin. 
La division Moraud (avec le 30®) se trouve à 
Golymin. Les Russes disparaissent; la saison de- 
vient rigoureuse, les chemius sont déjà impra- 
ticables. L'armée prend ses quartiers d'hiver. 
Le 3® corps est établi aux environs de Pultusk. 

Campagne de 1807. 

Combat d'Heilsberg. 

Napoléon supposait que l'hiver se passerait 
sans' de nouveaux combats. Mais Benningseu, 
qui a pris le commandement de i'armée russe, 
se persuadant que ses soldats souffraient moins 
que les Français du rude climat de la Pologne, 
résolut de profiter des renforts qu'il avait reçus 
pour essayer de nous surprendre. Il manœuvre 
donc de façon à percer la gauche de notre ligne 
de cantonnements. Mais sa marche est décou- 
verte par nos coureurs, et bientôt il s'aperçoit 
que Napoléon, qu'il croyait surprendre, avait 
eu le temps de mettre ses corps en mouvement 
de façon à l'envelopper ; Benningsen tiC hâle de 



— 39 — 

reculer pour sauver ses communications. La 
division Morand atteint l'une de ses arrière- 
gardes à Heilsberg, le 6 février ; une autre est 
battue le même jour à Hoff, et finalement il so 
concentre à Eylau le 7. Le soir même. Napoléon 
l'y attaque et le force à lui abandonner le village 
après un combat acharné qui se prolonge dans 
la nuit. 

BaUille d'Eylau. 

Ne pouvant plus se soustraire aux étreintes 
de son adversaire, Benningsen se décide à 
livrer bataille, et le lendemain, â la pointe du 
jour, il y prélude par le feu de ses 400 pièces 
d'artillerie (8 février). Cette bataille d'Eylau fut 
Tune des plus terribles de l'époque. Une neige 
épaisse couvrait le sol. Des rafales de vent et 
des tourbillons de neige venaient, par intervalles, 
fouetter le visage de nos soldats et obscurcir 
parfois l'atmosphère, de façon à produire entre 
les adversaires des rencontres inattendues et 
des chocs d'uoe violence inusitée. Le rôle du 
corps d'armée de Davout y fut considérable. 
Parti de Bartenstein la nuit, il se trouva de 
bonne heure en mesure d'agir sur la gauche des 
Russes. La division Morand, qui marchait en 
tête, leur enlève Serpallen an moment où leur 
droite se jetait sur notre centre, vers Eylau, 
avec la prétention de nous couper. 

Après avoir ainsi rétabli l'équilibre et permis 
à Napoléon de reprendre l'oftensive au centre, 
Davout continue à se rabattre de plus en plus, à 
l'aide de ses deux autres divisions, sur le flauc 
gauche des Russes, resserrant l'espace déjà res- 
treint sur lequel ils ont entassé leurs 80,000 



— 40 — 

hommes, et contribuant ainsi à rendre pins 
destmctenr le feu de notre artillerie, moins 
nombreuse mais mieux postée que la leur. Le 
pivot de ce mouvement était l'intrépide division 
Morand dont le 30«, en première ligne, formait 
l'échelon de gauche. Elle avait dépassé Serpallen 
et prenait position en avant de ce village, quand 
tout à coup elle se trouve en face d'un corps 
considérable exécutant contre elle un retour 
offensif sous la protection de 30 bouches à feu. 
On reçoit les Russes à portée de pistolet, et, 
après des feux de bataillon, on se jette sur eux. 

Ils fuient en désordre nous laissant leurs 30 
canons : « Le succès était complet, dit le général 
Morand dans son rapport, et l'on reformait les 
rangs pour assurer la position, lorsqu'un corps 
de cavalerie que les Russes avaient en réserve 
et que les tourbillons de neige et les accidents 
du terrain avaient dérobé jusqu'alors, fondit sur 
un bataillon de la division Saint-Hilaire qui 
appuyait la gauche de la division Morand. Ce 
bataillon, renversé sur cette dernière, y porte 
un instant le désordre et l'oblige à se rejeter à 
2 ou 300 pas en arrière. » Le 30®, qui était voi- 
sin de ce bataillon, est particulièrement incom- 
modé par ce faux mouvement et en même temps 
reçoit le choc d'un véritable ouragan de cavale- 
rie. Son drapeau, tombé des mains du porte- 
aigle grièvement blessé, est sauvé par l'énergie et 
le sang-froid du fourrier Morin qui, blessé à son 
tour, s'étend sur lui dans la neige pour le déro- 
ber à la vue de l'ennemi. 

Les cavaliers russes, menacés d'être envelop- 
pés, sont promptement rappelés en arrière, car, 
à droite, Priant et Gudin continuent leius pro- 



— 41 — 

grés, taodis qne les exploits de la garde à Tarnie 
blanche et les charges légeudaires des cuiras- 
siers nettoieut la partie centrale du champ de 
bataille. La victoire est assurée. Mais un nouvel 
eflforl est encore demandé au brave 30® « qui, 
malgré les pertes qu'il venait de faire, dit le 
général Morand, montrait encore la plus grande 
intrépidité > . Pendant que la division prend pied 
définitivement sur les mamelons en avant de 
Serpallen qui forment un des nœuds de la ligne 
et d'où il ne sera plus possible à l'ennemi de la 
déloger, le 30® est appelé à l'extrême droite du 
3® corps, avec mission de couvrir, vers Lamp- 
sach^ le flanc des divisions Priant et Gudin. Ces 
divisions qui menacent la ligne de retraite de 
Benningsen, deviennent, jusqu'à 10 heures du 
soir, l'objectif des assauts de ses dernières 
réserves et notamment du corps de Lestocq, 
arrivé sur le terrain vers la fin du jour : assauts 
terribles qui furent pour le 3" corps la phase la 
plus critique de la journée. Ëntiu les Russes 
nous abandonnent ce sombre champ de bataille 
où ils ont perdu 30,000 hommes tués, blessés 
ou pris et 16 drapeaux. La division Morand 
avait eu 2,9â6 hommes atteints par le feu, parmi 
lesquels 28 officiers tués et 73 blessés. Le 30^ 
avait une large part dans ces pertes : il comptait 
8 officiers tués et un nombre proportionnel de 
blessés, parmi lesquels l'intrépide colonel Val- 
terre. Les Russes s*élant retirés, l'armée rentre 
dans ses cantonnements. Le 30^ occupe AUens- 
tein. 

Napoléon se dispose à reprendre les opérations 
lorsqu'il apprend, le 1*''' juin, que les Russes 
sont déjà eu mouvement. Benningsen a entrepris 



— 42 — 

de reuouveler sa manœuvre du mois de janvier. 
Elle échoue de nouveau et le met, comme alors, 
dans une situation périlleuse. Il se replie sur 
Heilsberg, où il a fait exécuter des travaux de 
défense considérables, et y soutient un violent 
combat. L'apparition du corps de Davout sur son 
flanc gauche l'oblige à quitter la position, après 
avoir perdu sa ligne de retraite directe sur 
Kœnigsberg. il entreprend de la retrouver eu 
descendant à toute vitesse la rive droite de 
l'Aile pour venir repasser sur la rive gauche à 
Friedland. Mais Napoléon l'atteint en ce point et 
remporte sur lui une victoire complète qui 
amène la paix de Tilsitt. 

Dans cette brillante campagne de vingt jours, 
le corps de Davout et par suite le 30*> n'ont eu 
qu'à manœuvrer. 

Après la signature de la paix, le 3^ corps fut 
chargé de l'occupation pu grand-duché de Var- 
sovie dont le maréchal Davout fut nommé gou- 
verneur. Il y resta jusque vers la fin de 1808, 
époque à laquelle il est ramené en Saxe. Le 
maréchal Davout reçoit le commandement de 
toutes les troupes qui occupent l'Allemagne du 
Nord et qui prennent le nom d'armée du Rhin. 

Campagne de 1809. 

Dès la fln de février, Napoléon, pressentant 
que l'Autriche se laisse entraîner à la guerre 
pour tenter de profiter de ses embarras en 
Espagne, prescrit à Davout de rassembler ses 
troupes entre Bamberg, Nuremberg et Ratis- 
bonne. 

Le 30° occupe Bayreuth ; il est commandé par 



— 43 — 

Je colonel Joubert qui a succédé au colonel 
Valterre nommé général et il appartient- toujours 
à la division Morand. Son effectif est d'environ 
3,000 hommes. Mais, en outre, son 4^ bataillon, 
fort de 600 hommes et commandé par le chef 
de bataillon François, est placé dans la division 
Demont, qui est formée de tous les 4<^8 bataillons 
du 3« corps. 

L'Autriche a fait des armements considérables. 
Elle confie à Tarchiduc Charles la plus belle de 
ses armées forte de 175^000 hommes. Espérant 
surprendre les corps français qu'il voit dissémi- 
nés dans l'Allemagne du Nord, sur le haut Danube 
el en Bavière, le prince Charles avec son centre 
et son aile gauche franchit sans déclaration de 
guerre préalable, le 10 avril, l'Inn qui servait de 
frontière à la Bavière, notre alliée. Il donne 
rendez-vous vers Ratist)onne à son aile droite, 
forte de 50,000 hommes, qui vient de la Bohême, 
sous les ordre de Bellegarde. Mais tous ces mou- 
vements se font lentement; Napoléon arrive à 
Donauwerth le 17, et a le temps de préparer le 
succès de lune de ses plus belles conceptions 
stratégiques. A cette date, Davout a pu réunir 
toutes ses troupes à Ratisbonne ; Napoléon lui 
prescrit de les porter sur le plateau d*Abensberg. 
Le 19, Davout laisse le 65*^ de ligne à Ratisbonne 
pour couvrir ses derrières et marche sur Abens- 
berg. En route, il rencontre le prince Charles 
marchant vers Ratisbonne, et lui livre le combat 
de Tengen, avec les divisions Priant et Gudinet 
la cavalerie de Montbrun. 

Combat d'Abensberg. 
Le 20, rArchlduc prend position et attend les 



— 44 — 

corps de son aile gauche qu'il a dirigés vers la 
ligne de l'Abens. Mais Napoléon profite de leur 
séparation et le fait attaquer avec vigueur par 
toutes les troupes dont il dispose, en laissant 
Davout avec Priant et Gudin seulement en pré- 
sence de l'Archiduc. Dans ce mouvement, la divi- 
sion Morand, momentanément placée sous les 
ordres du maréchal Lannes, suit la grande route 
qui ftj^ne à Landshut par Rohr. Les Autrichiens 
sont en position à Rohr, sous le commandement 
du général Thierry, avec trois bataillons et de 
l'artillerie. « Soutenu sur ses flancs, dit le général 
Morand, le 30® attaque de front et tourne la 
gauche. Tout le corps ennemi fut pris : général, 
canons, bagages et drapeaux. On arrive sans 
trouver de nouvelle résistance jusqu'à Peising, 
village derrière lequel on aperçoit une ligne de 
15 à 20,000 hommes qui bientôt s'ébranle par sa 
gauche et cherche à tourner la division. La pre- 
mière brigade se précipite sur le flanc de cette 
colonne et la met en déroute. Le général Lhuil- 
lier avec la 2® brigade (30® et 61®) seconde cette 
attaque avec autant de sang-froid que d'habi- 
leté. » Le résultat de cette journée, dite d'Abens- 
berg, est de séparer du prince Charles son aile 
gauche et de la rejeter sur Landshut. 

Bataille de Landshut. 

Le 21, dès le matin, Napoléon, laissant pour 
le relier à Davout une partie des troupes qui ont 
combattu le 20, se lance avec le reste sur Land- 
shut. La division Morand marche en tête de 
cette colonne. La confusion des Autrichiens 
est si grande dans Landshut que, sans attendre 
l'arrivée de Masséna qui menace de prendre les 



— 45 — 

Autrichiens à revers, Napoléon les fait immédia- 
tement attaquer. L'ennemi repasse l'Iser et in- 
cendie ses ponts. Les colonnes de la division Mo- 
rand, traversant Landshiit, s'élancent sur les ponts 
en flammes et le 30^ déloge l'ennemi des hauteurs 
qu'il a occupées, sur l'autre rive, pour couvrir sa 
retraite. Une compagnie de grenadiers du 30*^ 
s'empare même d'une pièce de canon et tire 
sur l'ennemi avec ses propres projectiles. Le 
colonel JouBERT est cité à l'ordre de l'armée, à 
la suite de cette brillante journée qui ne coûte, 
comme la précédente, au régiment, que des 
pertes insignitiantes, tant les attaques ont été 
vigoureusement menées. 

Bataille d'Eckmûhl. 

Dans la nuit, Napoléon apprend que Davout a 
eu à lutter à Schierling contre l'Archiduc. li lui 
fait dire que le lendemain, ââ, à midi, il lui amtV 
nera de puissants renforts et, séance tenante, il 
dirige ses troupes vers Eckmûhl, en laissant à 
Bessières le soin de poursuivre les corps autri- 
chiens rejetés au-delà de Landsbut. A midi, la 
bataille s'engage devant Eckmûhl. 

La division Morand a eu neuf lieues à faire, 
après s'être battue trois jours de suite. Mais elle 
est déjà là, prête à entrer en ligne. Elle est éta- 
blie en face d'Eckmûhl, commes ou tien des deux 
autres divisions du corps d'armée déjà déployées. 
Quelques-uns de ses bataillons, ceux du 30^ en- 
tre autres, ont encore l'occasion d'être engagés. 
L'ennemi est culbuté sur Ratisbonne. 

Malheureusement, le 65® qui en gardait les por- 
tes a été littéralement submergé par les flots d'en- 



— 46 — 

nemis qui foudent sur lui, des deux rives du Da- 
nubes, et forcé de capituler faute de munitions. 
Bellegarde et le prince Charles peuvent se don- 
ner la main, et sont en mesure de mettre le 
DaniiJbe eatce eux et leur redoutable adversaire. 

Prise de Ralisbonne. 

Dès le matin du 23, Napoléon jette sur eux 
les masses de sa cavalerie. L'Archiduc lui oppose 
les masses non moins considérables de la sienne 
pour favoriser l'écoulement de l'armée autri- 
chienne à travers Ratisbonne. Néanmoins des 
corps entiers y sont encore entassés lorsqu'ar- 
rivent les divisions de Davout et de Lannes. 
Malgré l'existence d'un mur d'enceinte, Napoléon 
donne, comme à Landshut, l'ordre immédiat de 
l'attaque. On cauonne la muraille et le 85®, de 
la division Gudin, enlevé par le maréchal Lannes, 
qui porte lui-même une échelle, s'élance sur les 
brèches et fraie le chemin au reste des deux 
corps d'armée qui trouvent encore 8,000 prison- 
niers à capturer dans Ratisbonne. 

Ces magnifiques opérations, véritable bataille 
de cinq jours, avaient coûté à l'ennemi 40,000 
prisonniers, 100 canons, 40 drapeaux et 3,000 
voilures de bagages, en même temps que sa ligne 
directe de communication avec sa capitale. L'Ar- 
chiduc se voyait dans la nécessité de faire un 
long circuit par la Bohème pour parvenir à cou- 
vrir Vienne et avait bien des chances pour ne 
pas y réussir. En effet, dès le lendemain, 24, 
Napoléon y marche avec le gros de ses forces 
par les routes les plus courtes qui lui sont actuel- 
lement ouvertes. 



— 47 — 

Le corps de Davout est de nouveau ramené à 
ses trois anciennes divisions. Les divisions Saint- 
Hilaire et Demont sont définitivement laissées à 
Lannes. Le 4^ bataillon du 30^ se trouve, aiusi 
qu'il a été dit plus haut, dans cette dernière. 
Davout a l'ordre de couvrir la marche de l'armée 
sur Vienne et de pousser, par Ratisbonne, l'en- 
nemi sur la Bohême. Le 25, la division Morand 
qui marche en tête culbute, à Nitteneau, son ar- 
rière-garde et lui fait quantité de prisonniers. Le 
28, le prince Charles, pour essayer d'affermir sa 
retraite avant de s'enfoncer en Bohême, livre à 
Davout un grand combat à Cham. Mais il y subit 
des pertes sensibles et retarde d'autant sa marche 
sur Vienne. 

Napoléon y arrive le 9 mai. Mais il ne peut 
s'en faire livrer les passages ; la garoison se 
retire sur l'autre rive en détruisant tous les 
ponts. De telle sorte qu'il fallut en créer d'autres 
pour atteindre l'Archiduc. Le 3« corps arrive le 
13 à Saint-Polten, à deux jours de marche de 
Vienne. Le 2i, Napoléon passe le Danube, en 
face d'Aspern et d'Essling, avec les corps de 
Lannes et de Masséna. Mais l'Archiduc a eu le 
temps d'arriver et une bataille s'engage que la 
nuit interrompt ; l'Archiduc a l'avantage du 
nombre et nos ponts, se rompant à plusieurs 
reprises, interrompent le passage de nos colonnes. 

Bataille d'Essling. 

Toutefois, le 22 au matin, dç puissants ren- 
forts sont entrés en ligne et la lutte recommence 
avec un nouvel acharnement. Les chances tour- 
nent :\ notre avantage. Le 3^ corps, appelé dès 



• — 48 — 

la veille, se trouve à midi à l'entrée des ponts. 
Son intervention va contribuer à changer la 
bataille en une victoire décisive, quand tout à 
coup, les ponts sont emportés sous ses yeux. 
Par prudence. Napoléon se décide à ramener ses 
troupes en arrière et à se fortifier dans l'île de 
Lobau, en attendant un moment favorable à la 
reprise des hostilités. Les troupes engagées dans 
ces deux journées se couvrirent de gloire. Le 
maréchal Lannes, surnommé le brave des braves, 
y trouva la mort. Le 4® bataillon du 30® se 
montra digne de combattre sous ce chef héroïque : 
son commandant fut tué. 

Le 30^ fut cantonné à Nussdorf. Le 29 mai, il 
eut un engagement à travers un des bras du 
Danube avec un corps de 1,500 Autrichiens qui 
cherchait à venir inquiéter l'ile Lobau en se 
glissant dans une île voisine. 

Les six semaines qui suivent les deux journées 
d'Essling sont activement employées et toutes 
les dispositions de Napoléon sont prises en vue 
du succès d'une opération vraiment prodigieuse. 
Il a résolu de passer le Danube sous les yeux de 
l'armée autrichienne qui lui est supérieure en 
nombre, malgré tous les retranchements qu'elle 
a accumulés sur l'autre rive, et de la battre, 
comme en champ clos, sur ses positions. 

Le 4 juillet au soir, les divers corps d'armée 
viennent se masser dans l'île Lobau et le passage 
s'exécute cette nuit même dans l'ordre le plus 
parfait. De telle sorte que, le S au matin, toute 
l'armée se trouve formée, sur trois lignes, sur 
la gauche des retranchements ennemis qu'elle 
rend par là même inutiles. Les Autrichiens les 
abandonnent et se concentrent en arrière sur la 



— 49 — 

ligue de leurs camps qui occupent les hauteurs 
de Gérarsdorf, Wagram et Neusiedel. Notre dé- 
ploiement commence aussitôt, et nous marchons 
le centre vers Wagram. Comme à Essling, 
l*armée autrichiennne est commandée par l'ar^ 
chiduc Charles. 



Bataille de Wagram. 

(Inscrite sur le drapeau du régiment.) 

La bataille s'engagea le soir même, mais i] 
fallut toute la journée du lendemain pour le 
déroulement complet des phases de ce grand 
drame auquel concoururent 325,000 hommes et 
1,100 pièces de canons, dont 130,000 hommes 
et 540 pièces pour l'armée française. 

L'idée générale de Napoléon est de se conten- 
ter, à gauche, de contenir l'ennemi et d'agir avec 
sa droite en conversant sur son centre de façon 
à détacher les Autrichiens de Vienne qu'ils 
occupent encore, pour les rejeter sur les routes 
de la Moravie ou de la Bohême. C'est pourquoi 
il accumule ses forces principales sur son centre 
autour de Raschdorf pour être à même de répon- 
dre aux. imprévus de la bataille et charge Davout, 
qu'il renforce des trois corps de cavalerie Mont- 
brun, Grouchy et Espagne, du soin de diriger, 
comme il l'a si bien fait à Eylau, le mouvement 
de sa droite dont dépend à ses yeux le succès 
de la journée. En outre à ses trois divisions 
ordinaires se trouve adjointe la division Puthod 
(ex-division Demont). 

La gauche ennemie, objectif de Davout, est 
formée du corps de Bellegarde ; elle occupe les 

Ulst. 30* de ligne. A 



— 50 — 

superbes hauteurs de Neusiedel dont les abords 
sont couverts, comme celles de Wagram, aux- 
quelles elles se relient, par le ruisseau profond 
le Russbach. Bellegarde s'appuie àHohenzolIern 
qui occupe les hauteurs de Wagram. Le 6, dès 
les quatre heures du matin, Rosemberg se jette 
sur les villages situés le long du Russbach et en 
arrière desquels les divisions de Davout ont 
passé la nuit. De sérieux combats se livrent dans 
ces villages qui sont pris et repris plusieurs fois. 
Enfin Davout en reste maître ; il y laisse les 
divisions Gudin et Puthod et porte au delà du 
ruisseau Morand et Priant, en vue de procéder 
à l'assaut des hauteurs de Neusiedel Morand 
est en première ligne : placée à sa droite la 
cavalerie doit l'appuyer en débordant la gau- 
che des Autrichiens. Alors s'engage entre Davout 
et l'aile gauche ennemie une action opiniâtre et 
difficile qui se soutient avec des chances variées 
jusqu'au milieu du jour, et dans laquelle le 30® 
justifie sa belle réputation au milieu des régi- 
ments de cette vaillante division qui supporte 
un instant tous les efforts de Rosemberg. L'en- 
nemi a l'avantage du terrain et se sert longtemps 
avec succès des baraques de son camp pour 
empêcher notre cavalerie de charger sur le pla- 
teau. 

Les autres points du champ de bataille sont 
également le théâtre d'émouvantes péripéties. 
L'archiduc Charles a conçu le plao (!e forcer 
notre aile gauche et de nous couper la retraite 
vers nos ponts. On voit en effet une redoutable 
colonne ennemie, commandée par Klenau, nous 
débusquer de Kagran, nous enlever Aspern et 
nous rejeter sur Ëssling. Mais Masséna, qui 



— 51 — 

commande snr cette partie du champ de bataille, 
se porte sur Essiing avec la division Carra-Saint- 
Cyr, ramène les divisions Legrand et Boudet 
sur Aspern qu*il arrache aux grenadiers d'Aspre. 
Il réussit à battre Klenau et à le forcer à la 
retraite, vaillamment secondé par ses cavaliers 
à la tête desquels l'intrépide Lasalle trouve la 
mort. 

Au centre, nous étions rejetés d'Aderklaa et 
exposés aux efforts de Lichtenstein et de Belle- 
garde. Mais Napoléon se porte sur ce point et 
rétablit le combat, puis enfonce à son tour le 
centre ennemi en faisant agir contre lui une bat- 
terie de 100 pièces, commandée par Drouot, et 
une colonne puissante commandée par Macdo- 
nald — toutes les deux restées célèbres dans nos 
annales. 

Ces avantages étaient enfin complétés par les 
succès de notre droite. Davout a réussi à porter 
successivement ses quatre divisions sur les hau- 
teurs. Il tient maintenant, par suite des disposi- 
tions du terrain, le corps de Bellegarde sous ses 
feux croisés et sous les charges de sa nombreuse 
cavalerie. Bellegarde appelle à Taide Hohenzol- 
lern. Malgré les renforts qu'envoie ce dernier, 
il ne peut maintenir sa position et, à 3 heures, 
notre drapeau flotte sur la tour de Neusiedel. 
A cette vue. Napoléon s'écrie : < La victoire est 
à nous, > consacrant par ces mots la gloire 
nouvelle acquise par Davout et ses immortelles 
divisions. Pour confirmer ce succès, il lance le 
corps Oudinot sur Hohenzollern qui est chassé 
de Baumersdorf et de Wagrarn. L'ennemi, 
n'ayant plus un seul corps intact, se met en 
retraite sur toute la ligne. Atteint le lia Znalm, 



K'9 



il obtient un armistice qui sert de base au traité 
de paix de Vienne. 

La division Morand avait eu à Wagrajna 209 
hommes tués et 1,140 blessés. Le 30*^ fut l'un 
de ses régiments les plus éprouvés. Son colonel 
fut cité à Tordre de l'armée. 

Période de paix de 1809 à 1812. 

Le 14 juillet, le 30® reçoit l'ordre d'aller can- 
tonner à Brûnn. 

A partir du mois d*août 1809, le 30® occupe 
successivement le camp de Guldenfurth, Willem- 
bourg, Mautern, Bayreuth, Hambourg, Lubeck, 
Ratzbourg, Lunembourg et Tramunde. 

En octobre 1811, les 5 bataillons actifs du 30® 
formant un effectif de 3,604 hommes sont réunis 
à Lubeck. 

Campagne de Russie. 

Au commencement de 1812, les troupes pla- 
cées sous le commandement du maréchal 
Davout sont désignées sous le titre de corps 
d'observation de l'Elbe. Des complications fai- 
sant pressentir une guerre avec la Russie, Napo- 
léon rapproche ses troupes des frontières de 
celte puissance, et le 30®, suivant les mouve- 
ments de son corps d'armée à travers la Prusse 
et la Pologne, occupe successivement Magdo- 
bourg, Hambourg, Stettin, Dantzig, Ëibing, 
Gumbinen et enfin se trouve aux environs de 
Kowno le 22 juin, veille du célèbre passage du 
Niémen. L'armée française compte plus de 
400,000 hommes. Le corps d'observation de l'Elbe 



— S3 — 

a pris le nom de 1®*' corps de la Grands Armée. 
Aux divisions Morand, Priant et Gudin se trou- 
vent adjointes les divisions Compans et Dessaix 
et la division de cavalerie Pajol qui font du 
corps de Davout une véritable armée. Le 30^^ 
appartient toujours à la division Morand qui a 
conservé son numéro 1. Les régiments compor- 
tent alors 5 bataillons et 2 pièces d'artillerie 
sous le commandement supérieur d'un général 
de brigade. Le 30° a à sa tête le colonel Buc- 
QUET, successeur du colonel Joubert devenu 
général en 1811, et est placé sous les ordres 
supérieurs du général Bonamy. L'effectif de ses 
cinq bataillons est de 4,475 bommes et de 141 
chevaux. 

Passage du Niémen. 

Le passage du Niémen commence dès le 23 au 
matin. Ce sont les compagnies de voltigeurs de 
la division Morand qui sont chargées de protéger 
la construction des ponts. 

Le 28, le i^^ corps entre à Wilna avec Napo- 
léon. 

Les Russes disposent de deux armées : Tune, 
conduite par Barclay de Tolly, opère au Nord de 
la deuxième, conduite par Bagration. Le mouve- 
ment de Napoléon sur Wilna, s'il était continué, 
pourrait amener la séparation de ces deux armées 
et faciliter leur destruction successive. Les géné- 
raux ennemis l'ont vite compris ; c'est pourquoi 
ils se dérobent à tout engagement décisif et 
forment le projet de se réunir en se donnant 
rendez-vous à Smolensk. 

Des engagements nombreux auxquels ne parti- 



- 54 — 

cipe pas la division Morand ont lieu dans les 
deux directions ; mais finalement les combats 
d'Ostrowno et de Witepsk contre l'armée de 
Barclay, et ceux de Mir et de Soultanowka 
contre celle de Bagration ont pour résultat de 
couvrir la jonction des généraux ennemis. 

Bataille de Smolensk. 

Ne pouvant plus l'empêcher, Napoléon veut 
essayer d'en briser le nœud à Smolensk et forcer 
à se battre cet ennemi qui fuit toujours. Ayant 
sous la main 180,000 hommes, il ordonne le 
17 août, dans l'après-midi, une attaque furieuse 
de la partie Sud de Smolensk par les trois corps 
d'armée Poniatowski, Ney et Davout. La division 
Morand est lancée sur la ville par la route de 
Mohiiew qui sépare les deux faubourgs de Mitis- 
law et de Roslaw. En tête marchent le 13® de 
ligne et le 30® qui, sous une grêle de balles et 
« aux yeux de l'armée saisie d'admiration », dit 
Thiers, se jettent baïonnette baissée sur la divi- 
sion Konownitzyn, jonchent de ses cadavres les 
positions qu'elle défendait et la refoulent à l'inté- 
rieur de la ville. Au delà des faubourgs, on se 
trouve au pied d'une muraille en brique de 25 
pieds de haut qui amortit l'élan de nos troupes ; 
mais l'ennemi juge ce rempart Insuffisant et 
évacue la place pendant la nuit. Les divisions 
de Davout avaient reçu l'ordre de donner l'assaut 
à la pointe du jour. 

Le 19, les Russes, pour assurer leur retraite 
sur Moscou qu'ils ont failli se voir couper à 
Smolensk. soutiennent un combat acharné à 
Yaloutina, dans lequel l'illustre Gudin est tué. 



— 58 — 

et se dérobent de nouveau à une bataille géné- 
rale. Ils semblent vouloir l'accepter à Wiazma, 
le 28. Mais là encore ils s'écbappent. 

Enfin, le vieux Kutu8o£f qui a remplacé comme 
général en chef Barclay de Tolly, les établit à 
cheval sur la route de Moscou, vers Borodino, 
sur la rive droite de la Kolocza, la droite cou- 
verte par la Moskowa, dans une forte position 
aux abords de laquelle se heurtent nos avant- 
gardes, le 4 septembre. 

Le 5, Napoléon fait enlever un de leurs postes 
avancés, la redoute et le mamelon de Schwar- 
dino par la division Compans, du corps de Davout. 
Le 6, il se prépare à leur livrer bataille. 

Bataille de la Moskowa. 

(Inscrite sur le drapeau du régiment). 

Gomme à Wagram, près de 300^000 hommes 
et plus de i,000 pièces de canons sont en pré- 
sence. Mais la lutte sera plus acharnée et surtout 
plus sanglante ; car les deux armées sont con- 
centrées sur un front d'une lieue à peine et les 
Russes ont hérissé le terrain d'ouvrages défen- 
sifs. 

Parmi les défenses les plus importantes de 
leur première ligne on remarque : sur leur centre, 
une sorte de grand bastion eu terre que l'histoire 
de nos guerres a popularise sous le nom de 
grande redoute de la Moskowa ; vers la gauche, 
le village de SéménoUskoîe, puis un plateau, 
armé de trois flèches, séparé de ce village par 
un ravin. Ces ouvrages marquent les points du 
champ de bataille où s'échangeront les plus 



— 56 — 

rudes coups et où les divisions de Davout seront 
appelées à s'illustrer encore. Car les divisions 
Morand et Gudin, momentanément placées à 
l'aile gauche aux ordres du prince Eugène, seront 
chargées d'enlever la grande redoute, tandis que 
les autres laissées à Davout pour former, avec 
le corps de Ney, le centre de la ligne, seront 
chargées d'attaquer les flèches de Séménofïskoïe. 
L'aile droite est d'ailleurs formée des corps de 
Junot et de Poniatowski. 

Dans l'armée de Kutusoff, l'aile droite se 
compose des renforts que vient d'amener Milora- 
dowitch ; le centre et l'aile gauche sont respec- 
tivement formés par les corps ayant appartenu 
aux armées de Barclay de Toily et de Bagration. 
Barclay appuie sa gauche à la grande redoute, 
Bagration y appuie sa droite et son front est 
couvert par les défenses de Séménoffskoïe. 

Le 7, au point du jour, une canonnade géné- 
rale dirigée sur les ouvrages russes donne le 
signal de l'attaque. Le village de Borodino est 
enlevé pour servir de pivot à toute la ligne^ puis 
Davout marche sur les flèches de Séménoffskoïe. 
Les grenadiers Woronzoff les défendent et une 
puissante artillerie balaye le plateau dont elle 
couronne le sommet. La division Gompans, qui 
marche en tête, est foudroyée à bout portant. 
Toutefois le 57®, enlevé par le maréchal Davout, 
se loge dans la flèche de droite. La division 
Dessaix appuie celle de Compaus ; mais elle est 
ramenée et la position du 57® est des plus cri- 
tiques. Ney, accouru avec les divisions Rasout 
et Ledru, raffermissait la situation, quand les 
grenadiers de Mecklembourg, soutenus par une 
puissante cavalerie, arrivent au secours des 



— 57 — 

grenadiers Woronzoff. Les divisions de Ney sont 
ramenées à leur tour, mais Davout et le 57° 
n'ont pu être délogés de la redoute conquise. 
Murât fait alors donner les corps de cavalerie 
de Nansouty et de Latour-Maubourg. Grâce à 
cette intervention, les divisions de Ney et de 
Davout peuvent reprendre TofTensive ; les trois 
flèches sont emportées et les Russes rejetés au- 
delà du ravin sur le village de Séménoflfskoïe. 

Au même moment (iO heures), la grande 
redoute va leur être arrachée. Point d'appui 
commun de Barclay et de Bagration, elle parait 
inexpugnable au sommet bien en relief du plateau 
qui commande Borodino et la Kolocza et que 
couronnent les rangs épais de deux corps d'armée. 
La division Likatcheff, du corps de Doctoroff, 
est établie à sa droite ; celle de Paskiewitch est 
établie à sa gauche et en occupe Tintérieur. Elle 
est armée de 24 pièces de gros calibre et toute 
l'artillerie des deux corps d^armée est en mesure 
de battre ses approches. 

La division Morand reçoit l'ordre d'attaquer 
cette position formidable. Franchissant la Ko- 
locza, elle marche sous le feu de 80 pièces, gra- 
vit au pas mesuré les pentes qui la défilent un 
instant, puis débouche résolument sur le plateau, 
s'avance en partie dissimulée par le nuage de 
fumée qui l'enveloppe et soudain, quand elle est 
à bonne portée pour donner l'assaut, le 30^, ayant 
à sa tête le général Bonamy, s'élance dans la re- 
doute, pendant que les autres régiments de la 
division, passant à droite et à gauche, abordent 
avec un élan irrésistible les lignes qui combat- 
tent à découvert. Tout plie sous le choc de ces 
vaillantes troupes qu'encadrent les vétérans 



— 58 — 

d*Auerstaedt, d'Eylau et de Wagram. La divi- 
sion Paskiewitch ne présente plus en quelques 
instants, dit Butturlin, que des colonnes infor- 
mes ; les défenseurs de la redoute sont expul- 
sés ou tués à coup de baïonnette par le 30®, qui, 
par ce vigoureux fait d'armes, l'un des plus cé- 
lèbres dont l'histoire de nos guerres fasse men- 
tion, a mérité l'honneur de voir le nom de la 
Moskowa inscrit sur son drapeau. 

Barclay et Bagration sentent que non seule- 
ment la victoire est attachée à la possession des 
deux positions qui viennent de leur échapper, 
mais que s'ils ne parviennent pas à fermer la 
trouée, sitôt ouverte sur leur centre, l'armée 
russe est perdue. Aussi demandent-ils à grands 
cris des renforts à Kutusoff, resserrant, en les 
attendant, leurs lignes autour de ces deux points. 

Vers la grande redoute, le jeune général Ku- 
taïsof, commandant de l'artillerie de Barclay, fait 
pleuvoir sur la division Morand une grêle de bou- 
lets et de mitraille et ramène au combat la divi- 
sion Paskiewitch. Le vieux Yermolof, chef d'état- 
major de Barclay, se met de son côté à la tête 
de la division Likatcheiï encore intacte, et tous 
les deux marchent sur la grande redoute, d'où 
l'on vient d'emporter Morand grièvement blessé. 

Le 30® y est resté seul, sans canons, mal 
abrité sur le revers des déblais contre la for- 
midable artillerie qui balaie le plateau et qui 
a coutraint les autres corps de la division à se 
reporter en arrière. Tout à coup, Yermolof et 
Kutaïsof s'abattent sur lui, avec leurs deux divi- 
sions suivies des corps de cavalerie Korf et de 
Krentz qui chargent à droite et à gauche et l'iso- 
lent de tout appui. Le brave 30® tient ferme ; 



— 39 — 

Yermolof et Kutaîsof tombent sous ses balles, ce 
dernier frappé mortellement, et leurs têtes de 
colonnes jonchent le sol. Mais écrasé par un tel 
poids, il se voit contraint de lâcher prise, ayant 
perdu la moitié de son effectif et 44 officiers, 
dont 21 tués, parmi lesquels deux chefs de ba- 
taillon. L'intrépide Bonamy reste dans la re- 
doute, percé de plusieurs coups de baïonnette. 

Vers Séménoffskoïe, Bagration a juré de mou- 
rir ou de reprendre les trois flèches. Il ramène 
au combat les grenadiers Woronzofï et de Meck- 
lembourg avec ses corps de cavalerie et les fait 
appuyer par deux divisions fraîches : prince de 
Wurtemberg à droite, Konownintzin à gauche^ 
et par les cinq régiments de cuirassiers de la 
garde. Il donne pour objectif à toutes ces masses 
le plateau des trois flèches. Les quatre divisions 
de Ney et de Davout, qui combattent depuis le 
matin, pourraient succomber sous un tel choc. 
Mais Bagration ne les prendra pas au dépourvu. A 
leur droite déjà s'est établie la divisiou Mar- 
chand et à leur gauche parait celle de Priant. 

Traversant le ravin de Séménoffskoïe, l'intré- 
pide Friant parvient à déployer sa division sous 
la mitraille à hauteur du village en ruines. Son 
mouvement paralyse d'abord celui de l'infante- 
rie des Russes, puis, formant en carrés ses deux 
brigades, il oppose à leur cavalerie deux citadel- 
les inexpugnables. La fermeté de cette troupe 
d'élite, qui donne aux cavaliers de Latour-Mau- 
bourg, de Nansouty et de Montbrun le temps de 
tomber sur le flanc des masses russes, impres- 
sionne vivement Murât qui a pris place dans un 
de ces carrés et s'écrie : c Soldats de Friant, vous 
êtes des héros. » 



— 60 — 

La lutte est formidable. « Rien dans la mé- 
moire do ces gens de guerre ne ressemble, dit 
Thiers, à ce qu'ils ont sous leurs yeux. » Spec- 
tacle vraiment fabuleux, en effet, que cette gi- 
gantesque mêlée, concentrée sur ce coin relati- 
vement restreint du champ de bataille, et dans 
laquelle 12 divisions d'infanterie et 20,000 cava- 
liers se beurtent au fracas de 350 pièces d'artil- 
lerie. 

Des deux côtés, on voit tomber les combat- 
tants les plus illustres. Chez nous, Montbrun est 
enlevé par un boulet; Davout et Friant ont dû 
quitter le champ de bataille grièvement blessés. 
Du côté des Russes, c'est le tour de Bagration, 
l'idole de leur armée, qu'on emporte frappé à 
mort. Mais Ney et Murât, qui ne furent jamais 
plus prodigieux d'activité et de bravoure, restent 
invulnérables. Leur présence au milieu des trou- 
pes rend nos soldats invincibles. Les Russes re- 
noncent à la possession du plateau des trois 
flèches et se retirent au delà du village de Sémé- 
noffskoïe. 

Napoléon veut alors porter le coup décisif, en 
s'appuyant sur la position conquise, pour agir 
de flanc sur la grande redoute. Il marche sur 
Séménoffskoïe avec une division de la garde ; il 
y appelle les divisions de Junot, rendues dispo- 
nibles par les succès marqués de notre aile 
droite, et y envoie toutes les réserves d'artillerie. 
Celte artillerie vient border toutes les arêtes du 
terrain aulour du village de Séménoffskoïe et 
derrière elle, dans le ravin, se masse toute la 
cavalerie de l'armée y compris celle de Grouchy 
qui n'a pas encore donné. 

De sou côté, Kutusoff resserre son ordre de 



— 6! — 

bataille ; il double Likâtcbelî par Kaptziewicli, 
derrière la grande route, Raëtïskoï par Oster- 
mann, entre la grande redoute et Séménoffskoîe, 
et fait avancer ses dernières réserves avec toute 
la garde. Pour gagner le temps nécessaire à ces 
dispositions, il emploie les Cosaqaes de Platoff 
à une vigoureuse démonstration sur notre extrê- 
me gauche. Cette diversion réussit à retarder 
l'exécution des mouvements prescrits par Napo- 
léon. Mais Ney et Murât profitent de ce retard 
pour battre en brèche les lignes et les colonnes 
russes avec les 300 pièces qu'ils ont réunies au- 
tour de Séménoffskoïe. De telle sorte que Tin- 
cident qui nous a préoccupés sur la gauche étant 
éclairci, ils trou vent les masses ennemies suffisam- 
ment ébranlées pour espérer de les renverser, à 
l'aide d'uu mouvement général de lacavalerie. D'a- 
près les ordres de Murât, Caulaincourt, qui a rem- 
placé Montbrun, devra charger en avant et à 
gauche de Séménoffskoïe ; Latour-Maubourg char- 
gera à la droite de Caulaincourt; Grouchy les 
appuiera tous les deux. 

Au signal de Murât, Caulaincourt part à la tête 
de trois régiments de cuirassiers et de deux régi- 
ments de carabiniers. Tout plie devant cette vé- 
ritable tempête qui s'ouvre en un instaut une 
large trouée à travers les débris de Raêffskoî et 
d'Ostermann. Bientôt Caulaincourt s'aperçoit 
qu'il dépasse la grande redoute. 11 rabat à gau- 
che et tombe à revers sur les divisions de Likat- 
cheff et de Kaptziewich. En même temps les 
divisions Morand, Gudin et Broussier, qui voient 
le mouvement de nos cuirassiers dont les cas- 
qus étincellent à leurs yeux par-dessus les lignes 
russes, s'élancent à leur rencontre. Le 9^ de ligne, 



— 62 — 

de la division Broussier, enlevé par le prince 
Eugène, et rouvrant le glorieux chemin tracé 
par le 30®, franchit les parapets de la terrible 
redoute au moment où l'héroïque Gaulaincourt 
y entrait par la gorge avec le 5® cuirassiers et 
payait de sa vie ce fait d'armes légendaire. La 
division Kaptziewich est enfoncée ; celle de Likat- 
chelT est taillée en pièces à coups de sabre et de 
baïonnette et son vieux chef est fait prisonnier. 
La garde à cheval russe fait de nobles efforts 
pour rétablir le combat, mais elle est ramenée 
par les cavaliers de Grouchy. Alors les divisions 
Morand, Gudin et Broussier se déploient au-delà 
de la grande redoute, tandis que Ney et Murât 
gagnent rapidement du terrain vers le centre du 
champ de bataille. 

La victoire est décidée. Napoléon se' contente 
de la confirmer en accablant de sa puissante 
artillerie l'ennemi en retraite, cela pour mé- 
nager sa réserve en vue des difficultés qu'il est 
prudent de prévoir si loin de sa base d'opéra- 
tions. 

Jamais, a-t-il dit dans ses mémoires, il ne vit 
briller dans son armée « autant de mérite » qu'à 
la bataille de la Moskowa. Cet hommage est 
justifié, car si la victoire y fut si peu incertaine, 
malgré la valeur de l'ennemi et les obstacles 
redoutables qu'il sut nous opposer, c'est que 
le dévouement à la Patrie n'y connut pas de 
bornes. 30,000 de nos soldats avaient été atteints 
par le fer ou le feu. Dans ce nombre nous 
comptions, chiffre qui n'a jamais été égalé dans 
aucune bataille, 37 colonels et 47 généraux tués 
ou blessés. 



— 63 -^ 

Entrée à Moscou. 

Le i5 septembre, la Grande Armée fit son 
entrée à Moscou. A cette date, les renforts 
reçus par le régiment depuis la bataille de la 
Moskowa ont porté son effectif au chiffre de 94 
officiers et de 3,847 hommes de troupe. 

Le 23 septembre, le colonel Bctcquet est nom- 
mé général de brigade. Le i2 octobre, le colonel 
en second Ramand, des chasseurs de la vieille 
garde, vient prendre le commandement du régi- 
ment. Par décret en date du même jour, 
Napoléon crée chevaliers de la Légion d'honneur, 
en raison de leur brillante conduite à la Moskowa, 
20 officiers et 16 sous-ofiQciers ou soldats du 
régiment. 

Après 35 jours de séjour à Moscou, Napoléon 
donne Tordre de rétrograder. Le 19 octobre, 
l'armée se met en marche, forte de 80,000 hom- 
mes et de 600 bouches à feu, et suivie d'un immense 
convoi qu'alourdissent plus de 50,000 non 
combattants. Kutusoff occupe la position de Tarou- 
tino et nous observe. Napoléon fait iiler les 
impedimenta et les malades, sous la protection 
de quelques corps, par la route de Smolensk, 
précédemment suivie, et manœuvre avec la 
masse la plus importante de ses forces dans la 
direction de Kalouga, de façon à couvrir ce 
mouvement et aussi en vue de se mettre en 
mesure de suivre, an Sud de la première, une 
autre route parallèle, s'il y Irouve avantage. 

Bataille de Malo-Iaroslawetz. 

Mais Kutusoff vient lui barrer le chemin à 
Malo-Iaroslawetz. Il devient nécessaire de livrer 



— 64 - 

un combat sanglant (24 octobre) dans lequel les 
divisions Gérard et Compans, du l®*" corps, sont 
fortement éprouvées et qui a pour résultat (bien 
que l'ennemi se soit retiré) de décider Napoléon 
à revenir sur la route de Smolensk qui devient 
l'unique ligne de retraite de la Grande Armée. 
Le d®** corps forme l'arrière-garde, rôle 
difficile à cause du froid intense qui sévit depuis 
la sortie de Moscou et de l'état des chemins 
couverts de neige. Le i^^ novembre, le 30° est 
à l'extrême arrière-garde. 

Combat de Djyat. 

Les Cosaques de Platofï, cavalerie légère de 
Kutusofif, avec du canon, fondent sur lui près de 
Djyat et l'enveloppent. Sans se laisser émouvoir, 
le 30® repousse les charges de ces importants 
adversaires et les disperse. 

Combat de Wiazma. 

Le 3, Kutusofî, arrivant par Medyn et Luknow, 
peut jeter sur le flanc gauche de nos colonnes, 
trois de ses corps d'armée à Wiazma. L'un d'eux 
réussit môme à se mettre en travers de la route 
coupant en deux l'une des divisions du prince 
Eugène qui précède Davout. Pour le dégager, 
c'est une vraie bataille qu'il faut livrer, dans 
laquelle Eugène, Davout et Ney sont obligés 
d'engager presque toutes leurs forces, et «ncore 
ne sont-ils là que 1 contre 4. Le prestige de nos 
armes et la vigueur de nos troupes font que 
l'ennemi, qui d'ailleurs a perdu 3,000 hommes, 
renonce à s'engager à fond. On sort de ce mau- 



— 6S — 

vais pas ; mais la division Morand, qui ferme la 
marche, est relativement très éprouvée. Le 30® 
a nn ofiBcier tué et trois blessés. 

Le froid redouble d'intensité ; il atteint vingt- 
un degrés le 13. 

Les moindres opérations entraînent des com- 
plications et des souffrances énormes ; chaque 
nuit de bivouac amène le saciifice d'une foule 
de malades et de blessés, les chevaux meurent 
par milliers, une foule d'hommes épuisés jettent 
leurs armes. En outre, sur nos flancs, divers 
corps éprouvent des pertes sérieuses de telle 
sorte qu'à Smolensk, Tarmée de Moscou est 
réduite à 37,000 combattants que suivent i,000 
malheureux sans armes. 

Combat ôt bataille de KrasnoÔ. 

Pour ne pas interrompre le mouvement géné^ 
rai de retraite et assurer la communication, tout 
en laissant un peu de repos à ses troupes, Nap o- 
léon ordonne le départ de Smolensk en c. nq 
échelous qui partent successivement les 13, 14, 
15, 16 et 17 novembre. Déjà les coureurs de 
Kutusofit sont signalés à Krasnoë, le deuxième 
de nos gîtes d'étape h partir de Smolensk. Les 
deux premiers échelons l'atteignent sans trop 
de peine, n'ayant à faire qu'à des troupes légè- 
res ; mais lorsque le 3^, commandé parle prince 
Eugène, se présente le 16, deux corps d'armée, 
commandés par Miloradowitch, ont eu le temps 
de se porter en avant de Krasnoë et lui barrent 
16 passage. La vigueur de ses troupes, réduites 
à 6,000 hommes, reste impuissante à briser 
l'obstacle. Pourtant à la faveur de la nuit, 

Hist. 30* de ligne. 5 



— 6ë — 

Eqgèae réassit à le touruer avec deux de ses 
divisions, en laissant la troisième aux prises 
avec Tennemi. Mais la difficulté, k laquelle il a 
réussi à se soustraire» ne sera-t-elle pas insur- 
montable le lendemain pour l'échelon suivant 
formé du 1®'" corps commandé par Davout ? Car 
Kutusoff est arrivé dans la soirée avec tout le 
reste de son monde, c'est-à-dire avec trois nou- 
veaux corps d*armée et sa réserve de cavalerie^ 
alors que Davout ne dispose que de 11,000 hom- 
mes, en comptant la division laissée par Eugène. 
Napoléon, qui a passé avec les deux échelons, 
l'a compris ; il s'est arrêté à Krasnoê et va 
prendre une résolution à hauteur de la gravité 
des circonstances. Laissant son avant-garde 
fller sur Orcha et Eugène dans Krasnoe, il re- 
vient sur Kutusoff à la tête de la vieille et de la 
jeune garde. Ce fut un spectacle grandiose que 
de voir ces deux héroïques phalanges, réduites 
à 11.000 hommes, s'enfoncer, sans artillerie, 
dans le demi-cercîe de feu formé par les 60,000 
hommes de Kutnsoff rangés sur des positions 
que couronnent 200 pièces de canon ' Au som- 
met de ce demi-cercle se trouvait le village 
d'Ouwarowo, clef des positions russes. La jeune 
garde, commandée par le général Roguet, s'y 
jette la baïonnette baissée et l'enlève. La ligne 
russe est forcée de reculer et de lâcher prise 
sur la route de Smolensk par où accourt Davout 
qui engage la division Morand. En tête marche 
le 30^ et le 1®"^ léger. Ces deux intrépides régi- 
ments, renouvelant leurs exploits de la Moskowa 
et de Wiazma, se précipitent sur Tartillerie qui 
les foudroie, s'en emparent et affermissent la 
situation. La route reste libre jusqu'au soir. 



— 67 — 

Mais il est nécessaire de devaDcer reunemi sur 
le point important d'Orcha, pour s'assurer le 
passage redoutable du Dnieper. 

Ou abandonne Krasnoê et lé chemin se trouve 
refermé, quand le 18, au matin, arrive le maré- 
chal Ney, conduisant Tarrière-garde de l'armée. 
11 n'amène avec lui que 6,000 hommes. Un par- 
lementaire russe se présente et vient lui propo- 
ser une capitulation. Ney, indigné, le garde pri- 
so/inier et marche, avec la poignée de braves 
qui le suit, à l'assaut des positions où les Russes 
ont massé plus de 50,000 hommes. Trois fois il 
est repoussé, mais la nuit arrive, et sacrifiant à 
l'honneur des armes ses malades et ses blessés, 
il se jette à travers champs dans la direction du 
Dnieper qu'il passe sur la glace, et parvient à la 
tête de i,500 hommes, à regagner Orcha, ayant 
marché la journée et la nuit et franchi, en 48 
heures, 25 lieues d'un pays sans chemin. 

Passage da la Béréaina. 

L'ariiiée reste 48 heures à Orcha. Elle y trou- 
ve des approvisionnements et du matériel pour 
refaire son outillage. Les rudes leçons qu'elle a 
infligées à Kutusoiï peuvent lui permettre de 
penser que les Russes Uclieront prise dès qu'elle 
rentrera dans la zone d'action des corps qui 
couvrent ses flancs. Cruelle déception ! Au Nord, 
Oadinot et Victor sont forcés de reculer devant 
les forces doubles de Wittgeustein qui s'avance 
avec 40.000 hommes; au Sud, Tchicbagof, grossi 
de Torniasof, s'est dérobé et a enlevé le pont de 
Borisov sur lequel comptait l'armée française 
pour repasser la Bérésina. Ces deux nouveaux 



— 68 — 

adversaires manœuvrent de façon à opérer leur 
jonction avec Kutusoflf. De telle sorte que, le 22 
novembre, l'armée française comptant tout au 
plus 40,000 combattants, y compris les forces 
qui se replient du Nord et du Sud, se trouve 
resserrée sur un espace de 15 lieues entre une 
rivière infranchissable, sans pont, et trois ar- 
mées russes fortes de 140,000 combattants. 

« Dans cette position, la plus périlleuse où 
Napoléon se soit jamais trouvé, dit Butturlin^ le 
grand capitaine ne fut pas au-dessous de lui- 
même. Sans se laisser abattre, il osa mesurer le 
danger avec Fœil du génie et sut prendre, avec 
une sûreté de jugement incomparable, les mesu- 
res les mieux appropriées aux circonstances. » 
La promptitude de ses décisions et sa fermeté 
réveillent parmi les troupes épuisées, mais con- 
fiantes, une vigueur et une activité capables de 
compenser leur infériorité numérique. Trompant 
pendant quatre jours l'ennemi sur le point de 
passage qu'il a choisi, il donne à Eblé le temps 
d'établir deux ponts de chevalets à Studzianka 
et ses habiles dispositions non seulement per- 
mettent à l'armée de surmonter un obstacle qui 
semblait devoir être son tombeau, mais encore 
la mettent en mesure de couronner , le 28 no- 
vembre, cette belle opération en livrant aux 
armées russes, à la fois sur les deux rives de 
la Bérésina, deux de ses plus glorieuses batail- 
les. Le F'* corps, qui formait l'arrière-garde 
depuis Krasnoë, y prit part et le régiment y 
eut un officier tué. La route de Wilna était libre, 
mais les éléments allaient achever l'œuvre com- 
mencée par eux dès la sortie de Moscou. Le 
froid descendit le 4 décembre à près de trente 



— 69 — 

degrés, dit le docteur Larrey, et amena la ruine 
de l'armée. De Wilua, elle se dirigea sur Kowno 
d'où les débris de chaque corps d'armée reçurent 
un point déraillement. Thorn fut assigné à ceux 
du !«'• corps ; 996 officiers et 2,362 sous-officiers 
et soldats, c'était tout ce qui restait du corps le 
mieux commandé, le mieux sui^veillé, le mieux 
gouverné de tous et qui n'avait jamais rencontré 
l'ennemi sans le battre. 

Campagne de 1813-1814. 

L'armée ne put rester sur la ligne de la Vistule 
et le prince Eugène, ne laissant des garnisons 
que dans les places importantes, la ramena sur 
l'Elbe. 

Les premiers mois de l'année 1813 sont acti- 
vement employés à la refonte des régiments et 
des corps d'armée ; car une nouvelle coalition 
s'organise contre la France, par les soins de l'An- 
gleterre etdelaRussie^La Prusse etla Suède y sont 
déjà entrées, l'Autriche ne tardera pas à suivre leur 
exemple. Le 29 mai, le maréchal Davout est 
chargé de réoccuper Hambourg et de garder les 
bouches de l'Elbe et les Villes hanséatiques, 
principalement contre l'armée suédoise. Dans ce 
but, il fait exécuter des travaux destinés à 
transformer Hambourg, ville ouverte, en un 
vaste camp retranché et il établit sa première 
ligne de défense sur la Stecknitz. 

En juin, son corps d'armée est dédoublé. 
Deux de ses quatre divisions sont données au 
maréchal Vandamme, sous le nom de i^^ 
corps, pour concourir aux opérations que dirige 
Napoléon lui-même. Les deux autres divisions. 



— 70 — 

laissées an maréchal Davont sur le bas Elbe, 
constituent le 13® corps dont l'effectif atteint 
30,000 hommes. 

Le 30®, commandé par le colonel Romand, 
appartient à la 40® division (général Thiébaut) 
du 13® corps et forme, avec le 33® léger, la 
i»"® brigade (Delcambre) de cette division. 

Frise de Lauenbourg. 

Dans la soirée du 18 août, le maréchal Davout, 
qui a quitté le bas Ëibe et s'est avancé jusqu'à 
Scbewerin et Wismar, désigne un bataillon du 
30® pour enlever les retranchements établis dans 
les environs de Lauenbourg. L'attaque de nuit 
fut des plus brillantes et le 30® s'empara de la 
vilie après avoir mis en déroute les deux batail- 
lons du corps franc de Lutzow qui défendaient 
les retranchements. 

A la fin d'août, Davout, qui était déjà au cœur 
du Mejklembourg, est obligé de rétrograder et 
de prendre position derrière les retranchements 
de ia Stecknilz où il repousse victorieusement 
toutes les attaques des Suédois, commandés par 
Valmoden. 

Le 8 octobre, le 30® fait partie d'une recon- 
naissance qui s'empare de Winseu. Pendant le 
même mois, l'ennemi, avec l,S00 hommes 
d'infanterie et une batterie de 8 pièces, veut 
forcer la position de Buchen. t Une vive canon- 
nade et le feu de son infanterie, qui dura deux 
heures, ne parvinrent pas à déloger deux 
compagnies de voltigeurs du 30®, postées derrière 
un épaulement dans les marais de la Stecknitz. 
«La conduite de ces braves gens avait été 
admirable. » (Général César de La ville.) 



— 7i — 

Prise 4m 1«n«l>««rg. 

Au mois de novemèie, une compati e crélite 
da régimrat s'empare, par surprise, de Lune- 
boarg, ville située à six lieues de nos postes, 
dans «a pays enCièrement occupé par reanemi. 

Héfeiise d'Hambourg. 

Après la bataille de Leipsig, une armée de 
80,000 Russes et Suédois se porte contre le 13» 
corps et force Davout, an commencement de 
décembre, à se retirer derrière les lignes de 
Hambourg qui forment un vaste camp retranché 
emglobant la ville et les iles 

Pendant ce siège mémorable, qui dura plus de 
six mois, le 30« formait, avec le 61^, la brigade 
Gengouit qui appartenait à la 40® division 
(général Yicbery) chargée de la défense des 
lignes avancées de Saint-<jeorges. 

Durant la première partie du siège, les tfoupes 
de la défense ûrent de nombreuses expéditions. 

Le 19 décembre, deux compagnies du 30», 
prennent part à une reconnaissance sur Langen- 
feld et s'emparent de ce village. 

Le 20 janvier 1814, trois colonnes russes se 
portent à l'attaque du camp retranché d'Haar- 
bourg ; l'une d'elles parvient à nous chasser de 
rile de Moorweder et nous oblige à nous réfugier 
dans celle de Wilhelmsbourg. L'arrivée de 
plusieurs compagnies du 30», envoyées par le 
général Osten, permet de rétablir le combat, de 
chasser l'ennemi des iles et de reprendre toutes 
nos positions. 



— 72 — 

Combat de Wilhelmsbourg. 

Le 9 février, à 4 heures du matin, Fârmée 
d'investissement, commandée par Benningsen, 
attaque tous les points à la fois ; grâce à l'Elbe 
qui était entièrement gelé, l'ennemi, qui s'est 
emparé de la Grande-Ferme et de la Maison- 
Rouge, peut s'avancer, dès le début du combat, 
vers le vieux château de Wilhelmsbourg, point 
le plus vulnérable de la défense. Le général 
Yichery repousse l'ennemi, tandis qu'un batail- 
lon du 30® lui reprend la Grande-Ferme ; une 
nouvelle colonne russe arrive à la rescousse et 
un combat terrible s'engage autour du moulin 
de Reygersteig. Après une lutte acharnée, nous 
sommes obligés de nous réfugier dans la tête de 
pont ; mais Davout arrive avec quelques renforts 
et l'ennemi se décide à la retraite en laissant 
plus de 800 morts sur le champ de bataille. 

Le 17 février, les Russes et les Suédois renou- 
vellent leur attaque sans plus de succès. 

Combat de Reygersteig. 

Le 24 février, Benningsen se porte de nouveau 
sur toute notre ligne. 

Une fusillade très vive s'engage vers le mou- 
lin de Reygersteig, occupé par un bataillon du 30« 
qui, maigre l'immense supériorité des assaillants, 
tient ferme et conserve sa position. 

C'est le dernier combat où, dans les relations 
officielles, il soit fait mention du 30® jusqu'à la 
reddition de Hambourg. 

Le 12 mai 1814, Hambourg était livré aux 



— 73 — 

aUiés, sur l'ordre formel de Loai^XYIlI, et le 
30^ était envoyé à Tbionville où il tint garnison 
jusqu'à la fin d'avril 1815. 

Oampagne de 1815. 

Le 30^^ toujours commandé par le colonel 
Rahand, fut envoyé à Metz, à la fin d'avril 1815, 
pour faire partie du corps d'observation (4^ 
corps), placé sous le commandement du général 
Gérard. Il forme, avec le 96^, la 1'*» brigade 
(général Romme) de la 12^ division (général 
Pécheux). 

Le 7 juin, le 4^ corps reçut l'ordre de se ren- 
dre à Philippeville où il arriva dans la soirée du 
14. Le 15, il se porta sur le Ghàtelet, où il passa 
la Sambre, et prit ses cantonnemeuts dans les 
environs. 

Le 16, Tannée fut partagée en deux groupes ; 
le 4*^ corps fit partie du premier groupe, dit 
armée de droite, qui devait, d'après le plan de 
Napoléon, attaquer et battre les Prussiens dans 
les environs de Fleurus. 

Bataille de Ligny. 

Le même jour, le 4® corps arrivait, vers midi, 
vers la ville de Fleurus que les Prussiens avaient 
évacuée pour se concentrer aux environs de 
Ligny et de Saint-Amand. Le 3® corps (Van- 
damme) auquel était adjointe la division Girard, 
détachée du corps de Reille, devait s'emparer 
des trois villages qui composent Saint-Amand ; 
le 4^ corps avait pour objectif Ligny, défendu 
par les divisions prussiennes Heukel et Jagow. 



— 74 — 

Craignant d*étre . tourné sur sa droite, Gérard 
avait pia^^é, entre Boignée et Baiatre, une de ses 
divisions d'infanterie et toute la cavalerie dont 
il pouvait disposer ; il ne lui restait que les 
divisions Pécheux et Vichery pour emporter 
Ligny, village fortement occupé et partagé en 
dea& par un ruisseau difficilement accessible. 

A deux heures et demie, le signal d'attaque 
se fait entendre. Le 3^ corps s'empare d'une 
partie de Saiut-Amaad ; les deux divisions du 
4« Gorps s'élancent sur Ligny et, malgré an 
feu terrible, parviennent à y pénétrer. Repous- 
sé^s par des forces supérieures, elles reviennent 
à Tassant avec un nouveau courage; quatre fois 
la partie du village située en deçà du rulAseau 
est prise et reprise par les Français et par les 
Prussiens qui sont enfin rejeté s sur l'autre rive 
et cherchent à y prolonger la résistance. Mais à 
la tombée de la nuit, Napoléon fait avancer une 
batterie de 40 pièces qui foudroie le village et, 
formant la vieille garde en colonne d'attaque, il 
lui fait traverser le ruisseau au-dessous de Ligny. 
Rien ne peut résister à l'élan de cette vaillante 
troupe et aux efforts répétés de la division Pé- 
cheux ; l'ennemi se met en retraite, ses réserves 
sont culbutées et nous restons maîtres du champ 
de bataille. 

Le 17, Grouchy reçoit Tordre de poursuivre, 
avec les 3® et 4® corps et une partie de la cava- 
lerie, Tarméede Blûcher pour l'empêcher d'opé- 
rer sa jonction avec Wellington ; mais Grouchy 
ne quitte Ligny qu'assez tard dans la journée et 
va camper à Gembloux. 

Le 18, il ne part de Gembloux qu'entre 8 et 9 
heures du matin et se dirige lentement sur 



— 78 — 

Wavre, malgré les supplications du général 
Gérard qui veut marcher au canon que l'on 
entend gronder vers Waterloo. 

Combat de Watre. 

Arrivé à Wavre à 4 heures du soir, il fait 
attaquer ce village, qu'occupe le général ennemi 
Thielmann avec 28,000 hommes, par le 3® corps 
qui est repoussé. Le 4^ corps se porte sur le 
moulin de Bierges et ne peut s*en emparer ; la 
nuit vient et les deux partis couchent sur leurs 
positions. Le lendemain, les 3° et 4»* corps en- 
lèvent, dès Taube, les ponts de la Dyle et se 
disposent à marcher sur Bruxelles, lorsque la 
nouvelle du désastre de Waterloo parvient au ma- 
réchal Grouchy qui ordonne la retraite sur Namur. 

De Namur, les 3® et 4« corps se dirigent sur 
Laon, puis, sur la Ferté-Milon d'où ils doivent 
descendre sur Paris, en longeant la Marne. 

Le 21 juin, les alliés avaient franchi la fron- 
tière ; le 23, Napoléon abdiquait ; le 30, l'ennemi 
était en vue de la capitale et, dans la nuit du 3 
au 4 juillet, la capitulation de Paris était signée. 

Par ordonnance du i6 juillet, l'armée est 
licenciée et les débris du 30« vont tenir garnison 
à Angoulême. 

Le 30» forme la légion de la Charente. 

Enfin, en vertu de l'ordonnance royale du 
3 août i815, le fond du 30^ régiment d'infan- 
terie de ligne du premier Empire passe dans la 
io^ légion (légion de la Charente) qui, à la 
réorganisation du 23 octobre 1820, devient le 
42<^ régiment d'infanterie de ligne actuel. 



— 76 — 

30® RÉGIMENT D'infanterie de ligne actuel 

Le 16 janvier 1816, en exécution de l'ordon- 
nance du roi du 3 août 1815, la légion de l'Oise 
est organisée à Beauvais avec les débris de l'an- 
cien 45^ de ligne. 

Le 6 Janvier 1821, en exécution de l'ordon- 
nance royale du ^3 octobre 1820, la légion de 
l'Oise devient le 30® régiment d'infanterie de 
ligne. 

Campagne d'Espagne (1823). 

Dans les premiers jours de 1823, le régiment, 
alors en garnison à Paris, était désigné pour 
faire partie de l'expédition d'Espagne. Commandé 
par le colonel de Landevoisin, il était affecté à 
la brigade général marquis de Marguerye, de la 
2^ division (lieutenant-général comte Bourk). 
Le 15 mars, il franchissait la Bidassoa et, le 8 
avril, ses trois bataillons occupaient les hauteurs 
d'Ernani, sur la route de Samt-Sébastien. 

Le 9 avril, l'armée se présente sous les murs 
de la ville ; le 2<^ bataillon du 30<^, soutenu par 
quelques compagnies du 35^, a l'honneur de 
tirer les premiers coups de fusil de la campagne 
et d'enlever la fameuse position du couvent que 
les Français avaient si vaillamment défendue 
contre les Anglais dans la guerre de l'Indépen- 
dance espagnole. Le 13 avril, ce même bataillon 
concourt, avec le 35® de ligne, à une expédition 
dirigée contre le fort de Guetaria, puis, après la 
reddition de ce fort, au blocus dn port de San- 
tôna. 



-. 77 — 

Pendant ce temps, les i^** et 3^ bataillons 
quittent le siège de Sain^Sébastien et sont chargés 
d'assurer les communications avec Madrid. 

Le 23 décembre, le régiment reçut l'ordre de 
rentrer en France. 

Séjour en France de iS23 à 1830. 

À sa rentrée d'Espagne, le 30^ occupa d'abord» 
comme garnisons, plusieurs villes de la Ton- 
raine ; en 1823, il est envoyé à Besançon et, en 
1827, à Lille ; de 1828 à 1830, le dO"" est à Gre- 
noble. 

Campagne de 1830. 

La France, désireuse de venger la double 
insulte faite à son ambassadeur et à son pavillon, 
avait déclaré la guerre au dey d'Alger. Une 
armée, composée de trois divisions, pourvue 
d'un équipage de siège et d'approvisionnements 
considérables de toute nature, fut embarquée 
dans la première quinzaine de mai et fit voile, 
le 26 mai, vers les côtes d'Afrique, sous le com- 
mandement en chef du général Bonrmont. 
L'amiral Duperré commandait la flotte. Les divi* 
sions comprenaient trois brigades formées de 
deux régiments à deux bataillons de 750 hom- 
mes. Le 30*^ appartenait, avec le 17^ de ligne, 
à la 2*^ brigade, commandée par le générai 
Hurel, de la 3^ division aux ordres du général 
d'Ëscars. Le colonel Ocher de Beaupré com- 
mandait le régiment. 

Le 13 juin, la flotte se trouve en face de la 
plage de Sidi-Ferruch, choisie pour le débarque- 



— 78 — 

ment. Le 14, à la pointe du jour, J'opération 
s'effectue avec la plus grande activité. La 
l"*" division se masse sur le rivage, puis mar- 
che contre les trois batleries et les 8,000 Turcs 
et Arabe>, presque tous cavaliers, qui espèrent 
nous barrer le passage. Le feu de nos bataillons, 
secondé par l'artillerie de la flotte, les oblige à 
la retraite. 

Bataille de StaouSli. 

Le 19, l'armée française se porte sur Staouêli 
où l'armée du Dey, forte de 30,000 hommes 
(27,000 Arabes et 3,000 janissaires turcs), a 
pris position sons le commandement d'Ibrahim, 
gendre du dey d'Alger. La brigade dont fait 
partie le 30® n'est pas engagée. Ibrahim, battu, 
se replie dans la direction d'Alger. L'armée 
française s'établit solidement à Staouêli en 
attendant son matériel de siège et fortifie sa 
base d'opérations. 

Combat de Sidi-Khalef. 

Ibrahim se persuade que ce temps d'arrêt est 
un symptôme d'impuissance et vient nous atta- 
quer le 34. La façon dont il est reçu le tire 
promptement d'erreur. 11 se replie; mais la 
division qui occupe Staouêli se met à sa pour- 
suite, l'atteint à Sidi-Khalef et lui inflige des 
pertes sérieuses. Le leudemain, l'armée tout 
entière se met en mouvement. Nos têtes de 
colonnes ne sont déjà plus qu'à six kilomètres 
d'Alger. Mais il nous faut conquérir pied à pied 
uu terrain inextrioalile qui permet aux Arabes 



— 79 — 

de déployer toutes les ressources de leur 
adressa, de leur agilité et de leur audace. 

Combat de Chapelle-Fontaines. 

Le 26 an matin, après avoir manœuvré toute 
la journée du 25 et marebé une partie de la 
nuit, le régiment prenait position, à la pointe 
du jour, vers Chapelle-Fontaines. Deux de ses 
bataillons !ur^&t chaudement engagés jusqu'au 
soirr Ils enjrent 97 hommes et plusieurs officiers 
tués ou blessés. Le 27, nouveaux combats pour 
déloger Tennemi de ses positions. Le capitaine 
d'Autun, secondé par le lieutenant de Labtig, 
se signale eu enlevant, à la baïonnette, à la tête 
de sa compagnie, un poste retranché. Après la 
compagnie o'AuruN, se distinguent, à leur tour, 
dans des actes de vigueur de même nature, les 
compagnies de La Chapelle et Bourgeois 
(l«*c et 4« du 1«**)- ^e sergent-major de Brunet, 
de cette dernière, est bleâsé en s'emparant du 
drapeau arboré sur le poste enlevé par sa com- 
pagnie. Le 28, on combat sur les positions 
conquises pendant que s'effectuent les dernières 
reconnaissances en vue de Tattaque d'Alger, et, 
le 29 au soir, la tranchée est ouverte à SOO mè- 
tres du fort TËmpereur. Les bataillons du 30^ 
alternent aux travaux du siège depuis Touver- 
ture de la tranchée. L'un d'eux contribue à 
repousser une sortie. 

Prise d'Alger. 

Le 4 juillet^ no» batteries ouvrent le feu et 
ruinent tellement la ciladeUe que les «assiégés, 



— 80 — 

se sentant hors d'état de repousser un assaut, 
l'évacuent et la font sauter. Le 5, la ville capitule. 

La fin de Tété se passe en reconnaissances. 
Puis, en novembre, le général Glauzel, succes- 
seur du général Bourmont; entreprend une 
expédition sur Médéah. Il organise à cet effet 
une division de trois brigades de deux régi- 
ments. Le 30^ fait partie de la 3^ de ces briga- 
des et assiste, mais sans être engagé directe- 
ment, à la prise de Blidah et au brillant combat 
du col de Mouzaîa (18 et 21 novembre). Le 22, 
Médéah ouvre ses portes et, le 2 décembre, la 
division expéditionnaire, après avoir laissé une 
garnison dans la place, reprend le chemin 
d'Alger. 

A la fin de décembre, Médéah est évacué par 
suite de la réduction à six régiments du corps 
d'occupation de l'Algérie. Le 30° y est main- 
tenu. 

Campagne de 1831. 

En févwer, le général Berthezène remplace le 
général Glauzel comme général en chef. En 
avril, le colonel d'Arlânges remplace le colonel 
OcuËR DE Beaupré promu général. Le 25 juin, 
le général en chef se met à la tête d'une expé- 
dition dirigée sur Médéah en vue d'en rame- 
ner le bey Ben-Omar, notre allié. Deux batail- 
lons du 30® y prennent part et font partie de la 
brigade commandée par le général Feuchères. 

Retraite de Médéah. 

Le 1®'' juillet, à 8 heures dti soir, le général 
Berthezène, ayant atteint son but, fait repren 



^ 81 — 

dre à sa colonne le chemin d'Alger. Mais les 
tribus arabes, enhardies par l'abandon de 
Médéah, se soulèvent et se disposent à inquiéter 
notre retraite. A la sortie de Médéah, déjà elles 
harcèlent notre arrière-garde; puis nous les 
trouvons le lendemain, à la descente du col de 
Mouzaïa, couronnant les hauteurs qu'on a 
négligé d'occuper. Il en résulte une échauffou- 
rée des plus dangereuses de laquelle la colonne 
se tire heureusement, grâce à l'intrépidité du 
bataillon des zouaves, de récente création, et 
au coup d'œil de leur chef, l'illustre Duvivîer, 
alors chef de bataillon. 

Après une halte de sept heures au pied du 
col, la marche fut reprise à 5 heures du soir. 
Le 30® occupait la queue de la colonne ; le 3^ 
bataillon (commandant Cassaigne) prit le ser- 
vice de l'arrière-gaide. Dès que le mouvement 
commença, les Arabes se précipitèrent sur nos 
traces et renouvelèrent, jusqu'à la nuit, des 
charges furieuses sur les deux compagnies 
Croce et Habary qui formaient l'extrême 
arrière-garde. Ils les serraient parfois de si près 
qu'il était nécessaire d'user des feux de peloton. 
Dans une de ces charges, le capitaine Croce fut 
tué. Au point du jour, la division expédition- 
naire atteignît Bouffarick, et, après une halte de 
deux heures, se remit en marche pour aller 
s'établir derrière l'Oued-Kermès, vers la Ferme- 
Modèle, où elle campa pendant une dizaine de 
jours. Les deux bataillons du régiment avaient 
perdu dans cette retraite 45 tués ou blessés, 
dont trois officiers. 



Blet. 30* de ligne. 



— 82 -- 

Combat de rOued-Kermés. 

Par suite de la réduction apportée au cadre 
de nos opérations en Algérie, l'Oued-Kermès 
devenait, pour notre corps d'occupation, la ligne 
de défense avancée du côté de la Métidja. La 
Ferme, mise en état de défense, et deux blockaus, 
servaient à la consolider. Elle n'était séparée 
de nos cantonnements des faubourgs d'Alger 
que par une distance d'une quinzaine de kilo- 
mètres; la Maison-Carrée, distante de huit 
kilomètres, lui servait de poste de soutien. La 
division expéditionnaire étant rentrée à Alger 
le 9 juillet, cette ligne d'avant-postes fut confiée 
à la garde du 30«. Le 3° bataillon (commandant 
CAssAifrNE) en prit possession; cinq de ses 
compagnies furent laissées sur l'Oued-Kermès, 
ses trois autres compagnies furent établies à la 
Maison-Carrée. 

Le 17, les contingents arabes, fanatisés par 
Ouled-bou-Mesrag, se jettent en masse sur la 
Ferme et les blockaus avec une vigueur et un en- 
semble qu'on ne leur connaissait f as. Malgré le 
feu des deux obusiers que possédait la Ferme, ils 
viennent tourbillonner jusqu'au pied des murs 
d'enceinte et poussent l'audace jusqu'à venir 
tirer par nos propres créneaux. Les blockaus 
sont entourés ; le plus petit des deux, celui de 
gauche, où commande le sergent Lesjuin, à la 
tête de 14 hommes, attire leurs efforts les plus 
acharnés ; quelques fanatiques viennent se 
faire tuer au pied des blockaus, en cherchant à 
en arracher les madriers. Quoique brillamment 
soutenue par nos compagnies, cette lutte, en se 



— 83 — 

prolongeant depuis le matin, commence à deve- 
nir inquiétante quand, sur le soir, on voit tout 
à coup cette nuée d'assaillants se disperser à 
l'approche d'une forte colonne venant d'Alger. 
C'était la brigade qui accourait, attirée par la 
fusillade. Le général décide que les avant-postes 
seraient doublés à l'aide du 1^^ bataillon (com- 
mandant Rêgalia) et que le colonel en prendrait 
le commandement. 

Ces précautions n'étaient pas superflues. Le 
lendemain, les Arabes se jettent sur notre ligne 
en masses plus considérables que jamais. Leur 
eiïort principal se concentre sur le grand blokaus 
qu'ils enveloppent pour l'isoler de la Ferme. Le 
lieutenant Houillard, qui occupait l'ouvrage à 
la tête de 20 hommes, se ut remarquer par son 
sang-froid, recommandant de ne tirer que très 
lentement et à coup sûr, afin d'éviter un assaut 
que l'ennemi ne manquerait pas de livrer s'il 
s'apercevait que la garnison avait épuisé ses 
munitions. L'ennemi subit des pertes considéra- 
bles et son échec est complété par l'intervention 
d'une colonne, amenée d'Alger par le général en 
chef lui-même, qui va mettre le feu au camp des 
Arabes, au-delà de TOued-Kermès. Mais il n'en 
sont que plus surexcités et quand la colonne du 
général en chef s'est retirée, ils viennent le soir 
investir de. nouveau le grand blockaus qu'on ne 
parvient à ravitailler, le lendemain 19 au point 
du jour, qu'en lançant sur eux tout le bataillon 
Bêgalia. Chassés de l'intérieur de nos lignes, ils 
se portent sur nos derrières et livrent combat 
à une forte colonne venue dans la soirée pour 
assurer nos communications avec Alger. 

Le 20, ils donnent ou assaut furieux à la Ferme 



I 

[ 



— 84 — 

et à nos blockaus et déploient aux yenx de no& 
troupes les contingents et les drapeaux de huit 
tribus. En même temps, ils se portent au-devant 
d'un bataillon qui avait été envoyé d'Alger pour 
y ramener nos blessés. Ils subissent un nouvel 
échec. La compagnie envoyée en renfort à ce 
dernier bataillon perd son sous-lieutenant, M. 
Ollivier, frappé d'une balle. 

Le colonel ayant dû marcher la nuit avec le 
bataillon Gassaigne pour accompagner les blessés 
jusqu'aux portes d'Alger, le bataillon Régalia, 
resté seul, est obligé de se tenir sur la défensive 
pendant toute la journée du ai et de laisser de 
nouveau la communication interrompue avec le 
grand blockaus, commandé ce jour-là parie lieu- 
tenant NicoLLE. Mais le colonel ramenait le soir 
même le bataillon Gassaigke qui s'établissait an 
bivouac sur les hauteurs en arrière de la Ferme. 
Le général en chef le faisait appuyer par un 
régiment et arrivait le 2â au point du jour avec 
une forte colonne pourvue d'artillerie qui ba- 
layait décidément la plaine et refoulait les tribus 
à plusieurs lieues de l'Oued-Kermès. Les Arabes, 
frappés de cette manifestation de notre force et 
d'ailleurs découragés et affaiblis par les échecs 
répétés qu'ils venaient de subir, se tinrent tran- 
quilles pour le reste de la saison. 

La vigueur déployée par le 30®, dans la retraite 
de Médéah et dans les six jours de combat de 
rOued-Kermès, lui ont fait le plus grand hon- 
neur et lui ont assuré une place dans les annales 
de notre conquête africaine. Le 23 juillet, en 
annonçant la déroute des tribus, le général en 
chef citait à i'ordre de l'armée : le colonel 
''AjEiLÂMfiEs, le comman&ant CAâ&UGMx, les lieu- 



— 8« — 

tenants Rouillard et Nigolle, les sergents-majors 
RiBTTB et de Rostaingt, et }e caporal Sâint- 
Jban. 

Nos succès de l'Oued-Kermès ajoutaient au 
cbiffre de nos pertes celles de 6 tués, dont un 
ofiQcier, et de 46 blessés. Ces pertes, dans leur 
ensemble, étaient relativement légères ; mais les 
fatigues exceptionnelles, subies en juin et juil- 
let, déterminèrent, sous l'influence d'un climat 
brûlant, des maladies meurtrières qui appau- 
vrirent promptement nos effectifs et firent déci- 
der en octobre le retour du régiment en France. 

Séjour en France de 1831 à 1855. 

De sa rentrée d'Algérie au mois de juillet 1855, 
le 30^ tint successivement garnison à Nimes, 
Lyon, Besançon, le camp de Compiègne, Paris, 
Angers, La Rochelle, Lorient, le camp de Plélan, 
Mézières, Valenciennes, Paris, Strasbourg, Dôle, 
Issoudun, Paris, Saint-Brieuc, Brest et Lyon. 

Campagne d'Orient (1855). 

Le iO juillet 1855, les trois bataillons actifs 
du régiment, commandés par le colonel RouBé, 
arrivaient à Marseille. Le 11, le l^'* bataillon 
s'embarquait sur le Christophe^Colomb ; le 14, 
rétat-major, le 2*^ et le 3^ bataillon prenaient 
place à bord de la frégate à vapeur VUlloa. Le 
17, VUlloa entrait dans le port de Malte saluée 
par les bourras des troupes anglaises qui garnis- 
saient les remparts, bourras auxquels la musique 
du régiment répondait en jouant l'air national 
anglais. Le 24 au matin, les passagers de la fré- 



— 86 — 

gâte débarquaient à Constantinople et recevaient 
Tordre de se rendre au camp de Maslak, à 14 
kilomètres de la ville. 

Le Christophe-Colomb n'entrait dans le Bos- 
phore que le 25. Quelques heures après son 
mouillage, il était abordé par une frégate à voiles 
de la marine militaire turque qui engagea son 
beaupré dans la mâture du navire à l'ancre et 
vint heurter son tambour de bâbord. Dans ce 
choc, deux hommes du 30<^ furent lancés à la 
mer et disparurent daus les flots. 

Le 26 juillet, le !«' bataillon rejoignait le ré- 
giment désigné pour former, avec le 35»^, la bri- 
gade Sol. 

Le 23 août, le régiment montait en entier sur 
le Charlemagne ; le 2 septembre, il débarquait 
à Kamiesch et venait camper devant Sébastopol, 
près de la redoute n® 4. 

Le 30^ n'eut pas le bonheur de jouer un rôle 
actif pendant cette glorieuse campagne ; arrivé 
avec les derniers renforts, il était le 8 septem- 
bre, jour de la prise de Sébastopol, près de la 
redoute n» 4, en réserve en face du fort de la 
Quarantaine. 

Le 5 mai 1856, le régiment quitta le camp 
d'Inkermam, où il avait passé l'hiver, et vint 
s'embarquer à Kamiesch sur VUlm qui le ramena 
en France. Le 14, il était à Marseille où l'atten- 
dait l'ordre de se rendre à Brest pour y tenir 
garnison . 

Séjour en France de 1856 à 1859. 

De 1856 à 1859^ le régiment occupa Brest et 
Lyon, 



— 87 — 

Campagne de 1859. 

La France a fait alliance avec ritalie contre 
l'Autriclie. D'après Torganisation de Tarmée 
d'Italie, le 30^ constitue, avec le 5^ bataillon 
de chasseurs et le 49^ de ligne, la 1'*® brigade 
(Douai Abel) de la i™ division (Luzy de Pélis- 
sac) du 4*' corps d'armée, commandé par le géné- 
ral Niel. La 2»^ brigade (Lenoble) est composée 
des 6^ et 8^ de ligne. Les deux autres divisions 
du corps d'armée étaient commandées: la 2® 
par le général Vinoy, et la 3^ par le général de 
Failly. 

Le 28 avril, le régiment quitte Lyon pour se 
rendre par les voies rapides à Saint-Jean-de- 
ilaurienne, alors têle de ligne, et, dès le lende- 
main, s'achemine sur l'Italie par la route du Mont- 
Ccnis. 

Le 5 mai, la division Luzy de Pélissac fait sou 
entrée à Turin au milieu des acclamations. Les 
maisons sont pavoisées, les fleurs pleuvent sur 
nos soldats, l'enthousiasme est indescriptible. 

Le 6 mai, la division prend le chemin de fer 
d'Alexandrie et va s'établir sur la ligne Casal- 
Valenza-Alexandrie, déterminée comme pre- 
mière ligne de rassemblement de l'armée alliée. 
Le 4<* corps est maintenu, jusque vers la fin du 
mois, dans l'angle du Tanaro et du Pô et le régi- 
ment concourt aux divers services dont il est 
chargé : mouvements d'avant-postes, construction 
d'ouvrages, etc, qui ont à la fois pour but de 
protéger les positions occupées et de tromper 
l'ennemi sur la ligne d'opérations que va prendre 
l'armée française. Ces mouvements et ces tra- 



— 88 — 

vaux sont liés à ceux du 1®*" corps qui est poussé 
jusque vers Ponte-Curone et qui, avec la i^ di- 
vision (Forey), livre le brillant combat de Monte- 
bello (20 mai). L'ennemi est ainsi amené à pen- 
ser que l'armée française va se concentrer sur 
sa droite et marcher sur Plaisance, comme en 
1796, tandis que, dès le 26, les ordres sont don- 
nés pour que la concentration se fasse sur sa gau- 
che. 

En vertu de ces ordres, la 4® division vient 
passer le Pô à Casai, le 29 mai, et la Sesîa à Ver- 
ceil, le 30, pour aller s'établir à Borgo-Vercelli. 
Les Piémontais ont déjà franchi cette dernière 
rivière. Ils opèrent dans le voisinage, sur la 
droite, et livrent le premier combat de Palestro. 
Le 31, nouveau combat de Palestro. Le 4^ corps, 
appuyant ainsi l'armée sarde, continue sa mar- 
che en avant et se porte à Gameriano. Le 30® est 
chargé d'occuper militairement la grande ferme 
de Guidizzolo, considérée comme un des appuis 
de la ligne, en cas d'attaque. 

Le l*^'' juin, le 4« corps se présente devant No- 
vare, occupé seulement par deux ou trois batail- 
lons autrichiens qui se hâtent de l'évacuer, après 
quelques décharges d'artillerie et de mousque- 
terie. Il traverse Novare et s'établit vers Olengo, 
à cheval sur le chemin de fer et la route de Mor- 
tara. La l*"*^ division occupe la droite et touche 
à la rivière de l'Agogna. Dans cette position, le 
4® corps concourt à la protection du mouve- 
ment général que toute l'armée exécute par No- 
vare, sur les points de San-Martino et de Tur- 
bigo, choisis pour le passage du Tessin. 



— 89 — 

Bataille de Magenta. 

Le 4, bataille de Magenta, qui nous assure 
ce passage et nous ouvre la route de Milan. Le 4® 
corps, parti dès le malin sur Trécate et San- 
Martino ne peut engager que l'une de ses divisions 
(Vinoy). 

Le 8, le 4® corps traverse Milan^ et se porte en 
avant par la route de Landriano, pour appuyer 
le 1^^ corps dans son action sur Marignan. La 
division, pendant le combat, a pris position à 
Carpiano. 

Le il, marche en avant, par Milan, continuée 
les jours suivants par Cassano d'Adda, Caravag- 
gio et Carpenedolo où le corps d'armée est con- 
centré le 21 juin. 

Bataille de Solférino. 
(Inscrite sur le drapeau du régiment. ) 

A la fin de la journée du 23, les divers corps 
de l'armée alliée étaient établis sur les deux ri- 
ves de la Ghièse, de Lonato à Carpenedolo, et 
recevaient l'ordre de se mettre eu mouvement 
le 24, pour se rapprocher de la ligne du Mincio. 
L'armée alliée est commandée par l'empereur 
Napoléon IIL Elle est forte de 210,000 hommes : 
160,000 Français et oO,000 Italiens. Eu suivant 
de la gauche à la droite, les positions occupées 
et les ordres pour le 24 étaient les suivants : 

L'armée sarde devait se porter de Lonato sur 
Pozzolengo. 

Le i^^ corps (Baraguey d'Hilliers) devait se 
porter d'Essenta à Solférino. 



< 90 — 

Le 2® corps (Mac-Mahon) devait se porter do 
Castiglione sur Gavriana. 

Le 3^ corps (Canrobert) devait se porter de 
MezzaQO sur Medole. 

Le 4^ corps (Niel) devait se porter de Carpc- 
nedolo sur Guidizzolo par Medole. 

La garde, de Montechiaro sur Castiglione. 

Les Autrichiens, sans interrompre leur mar- 
che en retraite depuis Magenta, avaient pris po- 
sition, le 20, derrière la ligne du Mincio, avec 
l'intention de nous y livrer une bataille défen- 
sive. Nous leur prêtions toujours le même 
dessein, lorsque l'empereur François-Josepli, se 
décidant à prendre l'offensive dans le but de 
nous combattre sur la Chièse, où il croyait que 
nous serions encore le 24, fit repasser le Mincio, 
le 23, à ses corps d'armée et leur assigna pour 
lieux de cantonnement la plupart des points indi- 
qués comme objectifs, pour le lendemain, aux 
corps de l'armée française. Une rencontre inat- 
tendue des deux parts était donc inévitable dès 
le matin du 24. 

A 3 heures du matin, le corps d'armée Niel 
se mettait en marche sur une seule colonne, les 
divisions dans l'ordre naturel. La brigade Douai : 
b^ bataillon de chasseurs à pied, 30« et 49^ de 
ligne, formait l'avant-garde. Vers 5 heures i/2, 
les escadrons qui les précédent rencontrent 
à hauteur de la ferme Resica, à 1,500 mètres 
en avant de Medole, quelques pelotons de cava- 
lerie légère ennemie auxquels ils donnent la 
chasse ; mais eux-mêmes sont bien vite arrêtés 
par des feux d'artillerie et de mousqueterie par- 
tant de Medole. Deux bataillons du 52^ autri- 
chien, de la brigade plumenkron, (}u 9^ corps, 



— 91 — 

occupent Medole ; l'un deux est déployée sur le 
pérHnètre Ouest, Nord et Est; l'autre, massé en 
dehors, à l'Est, sert de réserve. Quatre escadrons 
appuient le flanc droit de la position ; une bri- 
gade de dragons avec sa batterie appuient le 
flanc gauche. 

Le général Luzy de Pélissac reçoit l'ordre 
d'enlever Medole et prend les dispositions sui- 
vantes : deux compagnies du 5^ chasseurs à 
pied, deux bataillons du 49^ et un bataillon du 
30^, sous la conduite du général Lenoble, atta- 
quent la ville par la droite ; le général Douai à 
la tête d'une seconde colonne, formée de deux 
compagnies de ty^ bataillon de chasseurs à pied, 
de deux bataillons du 30^ et d'un bataillon du 
49^, tourne la ville par la gauche. Le lieutenant- 
colonel Gdichard dirige le bataillon du 30*^ qui 
marche avec la colonne de droite. Le colonel 
Lacroix dirige les deux bataillons qui marchent 
avec la colonne de gauche. Les batteries divi- 
sionnaires battent Medole de leurs feux, pendant 
que les mouvements de flanc s'exécutent, puis 
la charge sonne sur toute la ligne. La résistance 
est des plus vives sur tous les points. Mais nos 
troupes,vigoureusement enlevées parleurs chefs, 
s'élancent à la baïonnette sous un feu violent. 
La colonne de droite atteint la première le péri- 
mètre du village. L'ennemi, menacé d'être enve- 
loppé par la colonne de gauche, est forcé à la 
retraite ; mais l'attaque a été si vive qu'il nous 
laisse 900 prisonniers et deux pièces de canons. 
L'une de ces pièces avait été enlevée concurem- 
ment par les chasseurs à pied et le bataillon du 
30'' de la colonne de droite qui eurent ;\ rece- 
voir à bout portant une décharge à mitraille. 



— 92 — 

Mais Medole n'est qn'UQ poste avancé. Sans 
perdre de temps et laissant quelques compagnies 
pour organiser la défense de la localité con- 
quise^ le général Luzy de Pélissac entraine sa 
division vers Rebecco, position sur laquelle se 
retirent les défenseurs de Medole, et qui devient 
le centre de résistance de tout le 9^ corps d'ar- 
mée autrichien. La brigade Benedeck, de ce 
corps, occupe Rebecco qui est donné comme 
objectif h la brigade Douai, laquelle s'avance 
sur deux lignes, à cheval sur la route de Medole 
à Rebecco ; le deuxième bataillon du 30^ est 
déployé sur la première ligne. Une lutte achar- 
née s'engage aux abords du village. Le colonel 
Lacroix, qui donne à tous l'exemple de la plus 
brillante intrépidité, est frappé mortellement 
d'une balle au ventre. La â^ brigade (Lenoble) 
est portée sur la droite pour faire face à une 2® 
brigade autrichienne (Wimpfen) qui entre en 
ligne, en vue d'appuyer le flanc gauche de Re- 
becco. 

Le général Luzy, très inférieur en nombre, 
est obligé de demander du renfort. Le général 
Niel le fait appuyer par la l"*® brigade de la 2® 
division (Vinoy). La division Luzy reprend de 
nouveau l'offensive et arrache enfin Rebecco à 
ses défenseurs. Mais elle ne peut pousser au-delà ; 
en face d'elle se déploie la brigade de réserve 
Castiglione qui vient remplacer la brigade Bene- 
deck rejetée hors du village. 

Ayant pris les dispositions pour tenir à Re- 
becco, le général Niel continue son déploiement 
en vue d'agir sur Guidizzolo, qui lui a été donné 
comme objectif, et il porte sur sa gauche le 
reste de la division Vinoy. 



— 93 — 

Il cherche de ce côté l'appui du deuxième 
corps (Mac-Mahon) chargé déjà de couvrir, par 
sa gauche, l'action du premier corps (Baraguey 
d'HilUers) sur Solférino. La division de cavale- 
rie Desvaux étabiil la liaison entre les 2* et 4^ 
corps. L'artillerie du 4^ corps se constitue sous 
la direction du général Soleille en une puissante 
batterie de 42 pièces qui bat le Gampo-Medolano 
et permet au général Vinoy de marcher sur la 
ferme de Casa-Nuova. La 3« division (de Failiy) 
vient alors appuyer les deux premières. Sa pre- 
mière brigade O'Farrel se dirige sur Baête, au' 
tre ferme située entre celle de Casa-Nuova et 
Rebecco, pendant que la deuxième (Saurin) s'é- 
tablit non loin de Medole, comme réserve du 
générât Niel. La division de cavalerie Partou- 
neaux a pris position derrière la grande batte- 
rie. Enfin, vers 9 heures et demie, la brigade 
Jaunin, du 3^ corps (Canrobert), se formait en 
dessus de Medole, face an Sud-Est, pour couvrir 
la droite du 4^ corps. 

Ces fortes dispositions ne sont pas superflues, 
car ce n'est plus à un seul corps d'armée que 
Niel a maintenant à faire. Le 3<> corps autrichien, 
soutenu par une division de cavalerie, entre en 
ligne pour appuyer le 9«, qu'on a combattu 
depuis le matin, et le ii, massé en arrière de 
Guidizzolo, est prêt à les soutenir. Néanmoins, 
malgré tous ses efforts, l'ennemi est impuissant 
à nous déloger de Rebecco et les attaques de 
Vinoy et d'O'Farrel sur Casa-Nuova et sur Baête 
sont couronnés de succès. De ces deux positions 
enlevées à la baïonnette, l'ennemi est rejeté sur 
Guidizzolo. Mais le général Niel n'a plus que 
deux bataillons en réserve et il est à peine il 



— 94 — 

heures. Pourra-t-il se maintenir contre les 
retours offensifs dont il est menacé ? Il fait forti- 
fier les deux fermes conquises et s'adresse de 
nouveau au maréchal Canrohert qui, à midi et 
quart, donne au général Trôchu l'ordre d'appor- 
ter au 4® corps l'appui de sa première brigade 
(Bataille). Il est à désirer que ce renfort promis 
ne se fasse pas attendre, car, vers i heure, des 
forces considérables se jettent sur les fermes de 
Gasa-Nuova, et de Baëte. L'intervention de la 
cavalerie devient nécessaire, notamment sur 
Casa-Nuova qui devient le théâtre d'une lutte 
acharnée. Pour parvenir à se dégager, le général 
Niel, sûr de l'appui de la brigade Bataille, forme 
derrière Baëte une colonne des deux derniers 
bataillons de sa réserve et de quatre bataillons 
empruntés à sa deuxième ligne devant Rebecco, 
et les lance sur Guidizzolo sous la conduite du 
général Luzy de Pélissac. Les i°^ et 3® bataillons 
du 30*' font partie de cette colonne qui, refoulant 
tout ce qui se trouve sur son passage, réussit à 
atteindre les premières maisons de Guidiz- 
zolo. Mais là se présentent les masses pro- 
fondes du 11*' corps qui la reçoivent par une 
fusillade meurtrière et l'obligent à revenir sur 
Baëte. 

Quelle que grande que paraisse leur force de 
résistance sur ce point, les Autrichiens n'en 
sentent pas moins les chances favorables se 
déclarer pour nous. 11 est à peine deux heures 
et ils voient le drapeau français flotter sur les 
hauteurs de Solférino qui formaient le matin 
l'appui central de toutes leurs combinaisons. 
Dans la plaine, leur gauche a été rejetée en 
arrière de Médole, et nous demeurons inexpu- 



— 9S — 

gnables à Gasa-Naova, à Baête^ à Rebecco, tan- 
dis que leur droite n*a fait que tenir l'armée 
sarde en échec. Ce n'est donc plus pour la vic- 
toire qu'il leur faut actuellement combattre, mais 
bien pour assurer leur retraite dont l'un des 
points indispensables est Guidizzolo. C'est au 
11'' corps qu'ils confient l'honneur de le défen- 
dre, jusqu'à la dernière extrémité. Préalable- 
ment, ils joignent à lui les réserves des 3® et 9^ 
corps pour tenter sur trois colonnes un puissant 
retour offensif. La colonne de droite s'avance 
par la route de Castiglione, celle du centre 
marche sur Casa-Nuova, celle de gauche sur 
Rebecco. Mais en ce moment même (4 heures) 
le général Niel, sûr de l'appui du corps Canro- 
bert, dirige la brigade Bataille sur Guidizollo 
p ar l'intervalle qui sépare les fermes Casa-Nuova 
et Baëte. Cette brigade, secondée par les batail- 
lons du 30^ qui occupent cette dernière, attaque 
la colonne du centre et celle de gauche, pen- 
dant que la colonne de droite, arrêtée par la 
ferme Casa-Nuova, est assaillie sur ses flancs 
par la cavalerie Desvaux. La charge bat sur 
toute la ligne du 4^ corps ; on pousse l'ennemi 
à la baïonnette et ou le rejette sur Guidizzolo 
eu lui faisant de nombreux prisonniers. Sur ces 
entrefaites (vers 5 heures et demie), éclate un 
violent orage qui amortit l'élan de nos troupes 
et permet à l'ennemi de nous arrêter aux abords 
de Guidizzolo où il se maintient jusqu'à 8 heu- 
res du soir. Ce contre-temps, joint à l'épuise- 
ment des troupes, empêche la poursuite qui^ de 
la même façon, est arrêtée sur d'autres points 
du champ de bataille, où elle aurait pu avoir de 
sérieuses conséquences, surtout après la prise 



— 96 — 

de Gavriana, enleté à 5 heures du soir par les 
voltigeurs de la garde. 

La part glorieuse du 30® daus cette mémora- 
ble journée lui valut l'honneur de voir le nom 
de Solférino écrit sur son drapeau. Outre son 
colonel, il avait eu 356 officiers et soldats mis 
hors de combat dans cette seule bataille. 

Séjour en France de 1859 à 1870. 

De 1859 à i870, le régiment tint successive- 
ment garnison à Nevers, Bourges, le camp de 
Châlons, Paris, La Rochelle et Lyon. 

Campagne contre l'AHenaagne. 

(1870-i87i) 

Le 48 juillet 4870, le 30® reçut Tordre de se 
diriger sur Strasbourg par les voies rapides. 
Commandé par le colonel WmBEL, il faisait 
partie de la brigade Abattucci, de la 3® division 
(général Guyot de Lespart) du 5® corps (général 
de Failly. 

Bataille de Beaumont. 

Le 6 aott, jour de la bataille de Reischoffen, 
il contribua à protéger la retraite du corps du 
maréchal de Mac- Ma bon ; le 29 août, il prit part 
au combat de Bois-des-Dames, et le 30, à la 
bataille de Beaumont. Dans cette dernière jour- 
née, M. DE Lamabcodie, commandant le 3^ 
bataillon du régiment, s'offrit spontanément à 
convrir, sur le platean à gauche de BeaunH)nt, 



— 97 — 

nae batterie (le dix pièces iiui appartenait à la 
2« division et avait perdu son soutien ; grâce à 
cette généreuse initiative, cette artillerie put 
continuer son feu, et protéger la retraite du 5^ 
corps pendant une heure environ, et fit beaucoup 
de mal à reuneini. Vivement encouragé par les 
généraux de l'Abadie d'Aydren et Besson, chef 
d'état-major du 5^ corps, ce bataillon, mitraillé 
sur sa droite et canonné sur son front, n'aban- 
donna la position, devenue tout à fait intenable, 
qu'après le départ de la batterie, qu'il continua 
de soutenir en s*eugageant dans les bois, et en 
débusquant les tirailleurs ennemis qui les occu- 
paient déjà. Pendant cette journée, le 30° eut 
4 officiers et 318 hommes tués ou blessés. 

Bataille de Sedan. 

Le 1®^ septembre, le régiment^ éprouvé par 
la bataille de l'avant-veille, reste en réser\'e 
jusqu'à 2 heures de l'après-midi. A ce mo- 
ment et sur l'ordre du général en chef, ses trois 
bataillons descendent, au pas de course, les 
pentes qui mènent à Fonds-de-Givonne. De là, 
le i^^ bataillon se dirige sur Balan, remonte le 
village, pénètre dans un parc occupé par les 
Bavarois, les culbute en leur faisant 40 prison- 
niers et reste maître de la position, dans laquelle 
il se maintient jusqu'à épuisement complet de 
ses munitions, c'est-à-dire jusqu'à 6 heures du 
soir. 

Les 2° et 3° bataillons gravissent les hauteurs 
situées au delà de Fonds-de-Givonne, et engagent 
avec l'ennemi une lutte acharnée. M. Blanc^ 
sous-lieutenant porte-drapeau, tombe mortelle- 

Hist. 36* de ligne. 7 



— 98 — 

ment blessé ; le soos-lieatenant TuEvuniBiy qni 
le remplace, est taé ; le sergent Muzslu prend 
à son tour le drapean et est aossitôl grièvement 
blessé, en m^me temps que le sergent-fourrier 
Arnaud, qui se tron\e à ses côtés; le caporal- 
sapeur et quatre des sapeurs groupés autour 
d'eux sont tués. Ces vaillauts bataillons gagnent 
d'abord du terrain au prix d'béroiques efforts, 
et voient tomber leurs deux commandants : 
MM. DE Lahabgodib et de Montlivault^ sérieu- 
sèment blessés ; mais ils sont bientôt obligés 
de se replier en combattant sur Balan, d'où ils 
parviennent à chasser l'ennemi. A la nuit, les 
trois bataillons du 30®, criblés par la mitraille 
et n'ayant plus de munitions, sont rejetés danv 
Sedan. 

Le régiment avait eu, dans cette malheureuse 
journée, 15 officiers et 420 hommes mis hors 
de combat. 

Le S septembre, le 30® était prisonnier de 
guerre ; mais son drapeau, brûlé dans une 
maison de la place Y^rte, ne devait pas servir 
de trophée à l'eunemi. 

Le dépôt du 30® qui, pendant la guerre, était 
resté à Montauban et avait contribué à la forma- 
tion de nombreux régiments de marche, recevait, 
en mars 1871, l'ordre de se rendre à Toulouse, 
où le régiment fut à peu près reconstitué. Au 
mois de juillet 187i, il rejoignait, à Besançon, 
le 30® régiment de marche qui devait fusionner 
avec lui, et en avril 1873, il venait tenir garnisoA 
à Annecy. 



— 99 — 

Abrégé de l'iiiiitoriqae 
du SO*' ré^lineiit de marehe. 

Les trois bataillons dn 30^ régiment de marche 
furent formés à Moulins, par décision ministé- 
rielle du 17 septembre i870. 

Le 30' de marche à l'armée de la Loire. 

Le 27 septembre, ce régiment, destiné à servir 
dans l'armée de la Loire, fut dirigé sur Bourges 
et placé dans la 2<* brigade (général Rebillard) 
de la 2^ division (général Martineau des Che- 
nets) du 15*^ corps (général d'Aurelle de 
Paladines). 

Le 9 novembre, le 30® de marche assiste à la 
glorieuse bataille de Coulmiers ; son i^' bataillon, 
chargé de surveiller la route d'Orléans à Blois, 
réussit à chasser de Meung les détachements 
prussiens qui y étaient établis. 

Le 3 décembre, il prend part au combat 
d'Artenay et y montre un courage et un sang- 
froid qui auraient fait honneur aux troupes les 
plus aguerries. 

Le 4 décembre, il combat à Cercottes^ et 
couvre vaillamment la retraite du lo^ corps sur 
Orléans. 

Bans ces deux dernières journées, ses pertes 
s'élèvent à 7 officiers et à 518 hommes tués ou 
blessés. 

Le 30^ de marche à l'armée de l'Est. 
I^ 8 janvier 1871, le 30^ de marche s*em- 



— 100 — 

barque à Bourges et arrive le 15 î\ Glerval, près 
de Montbéliard. 

Du 45 au 18, il assiste à la bataille d'Héri- 
court, série de combats livrés sur les bords de 
la Lisaine contre l'armée du général Werder, 
qui couvre le blocus de Belfort. Le 19, placé à 
l'extrême arrière-garde, il protège la retraite de 
l'armée de l'Est, et se fait remarquer par sa 
ferme attitude contre un ennemi victorieux qui 
nous suit à distance sans oser nous attaquer. 

Le 23 janvier, la 2^ division, à laquelle 
appartient le 30^ de marche, prend position en 
avant de Larnod, pendant que le reste de l'ar- 
mée continue à défiler vers Pontarlier. Le 25, 
cette même division se fortifie à Busy, qu'elle 
est obligée d'abandonner le 27, en présence des 
forces imposantes de l'ennemi, encore accrues 
par l'entrée en ligne des troupes de Manteuffel. 
Elle effectue alors sa retraite sur Besançon, 
tandis que le reste de l'armée de l'Est, exclue 
de l'armistice signé à Versailles, se prépare à 
entrer en Suisse. 

Jusqu'au 9 mars, le 30® de marche occupe 
diverses positions autour de Besançon. Enfin, à 
la signature de la paix, il rentre dans la ville et 
y tient garnison jusqu'à sa fusion ayçc le 30® 
de ligne. 



— ioi — 

FAITS PARTICULIERS 

{Extrait de l'historique du 30^ de ligne.) 



Dauphin au siège de Mons. 

En i69i^ le régiment du Dauphin^ qui faisait 
partie de l'armée de Flandre, s'illustra d'une 
façon particulière au siège de Mons. A l'attaque 
du 2 avril, ses grenadiers emportèrent d'assaut 
la brèche de l'ouvrage à cornes, malgré les efforts 
des défenseurs qui, pour mieux disputer le ter- 
rain pied à pied, avaient quitté leurs mousquets 
et s'étaient armés de fourches et de faulx emman- 
chées à revers, armes très usitées alors dans les 
combats de tranchée. 

Pour perpétuer le souvenir de cette brillante 
action, Louis XIV voulut que les sergents de 
grenadiers de Dauphin demeurassent armés, au 
lieu de fusils, des fourches dont ils s'étaient em- 
parés. 

Cet usage s'est conservé dans tous les corps 
isssus de Dauphin jusqu'au licenciement de l'ar- 
mée en 18i5. 

Dauphin au siège de Namur. 

Dauphin ouvrit la campagne de 1692 par le 
siège de Namur. Les compagnies de grenadiers 
montrèrent leur vigueur accoutumée à l'attaque 
du Fort-Guillaume et s'emparèrent en un clin 
d'œil du chemin couvert de cet ouvrage. Là de- 



— loi — 

vait se borner l'opération de la jonmée, mais an 
lieutenaDt s'éUut écrié : e Allons, enfants, fai- 
sons parler de nous. » Vingt hommes s'éiancent 
à sa poursuite et grimpent au bastion par les 
harpes du saillant. Arrivés sur ia bernie, ils s'é- 
lancent sur la plongée aux cris de : e Tue î tue î » 
Les assiégés surpris mettent bas les armes et l'ou- 
vrage estconquis. La villecapitulasous le drapeau 
de Dauphin, alors commandé par le lieutenant- 
colonel PONCET. 

Le roi, charmé de la conduite du régiment, 
lui fit servir une collation dans l'abbaye de Sai- 
sines, près de Namur ; les religieuses, dit l'his- 
toire, voulurent bien assister à ce repas et accor- 
der un baiser, un seul, aux officiers. 

Le lieutenant du Cimetière au siège de Xiandau. 

Le 28 juillet i7i3, au siège de Landau, tandis 
que Dauphin était de tranchée avec Brendlé suisse 
et Chartres, M. de Valory, ingénieur du siège, 
propose au lieutenant du Cimetièbe d'aller avec 
30 grenadiers reconnaître une place d'armes au- 
delà de la rivière, du Cimetière accepte et, tra- 
versant le premier la rivière avec de l'eau jus- 
qu'à la ceinture, il aborde l'autre rive n'ayant 
près de lui que trois hommes. Dans ce moment, 
cédant à une heureuse inspiration, il s'écrie de 
toutes ses forces : « A moi. grenadiers, tue ! 
tue ! » Les défenseurs de l'ouvrage, intimi- 
dés, prennent la fuite, et le br^ve lieutenant se 
trouve maitre de l'ouvrage sans coup férir. Il 
demande des travailleurs : on lui envoie âûO 
hommes des régiments de la Brosse et d'Alsace. 

Mais les assiégés, à la lueur de plusieurs pots 



— 103 — 

à f enrayaient reconnu le petit nombre des Fran- 
çais et envoyaient du monde pour reprendre la 
place d'armes ; au moment où ils franchissaient 
le parapet, une décharge à bout portant leur tua 
vingt hommes et le reste prit la fuite. 

Lé sergent La Violette prend Bruxelles. 

Le régiment du Dauphin ouvrit la campagne 
de 1746 par le siège de Bruxelles^ qu'il investit 
du côté du faubourg de Scarbeke et dont la prise 
fut due en grande partie au sergent de grenadiers 
La Violette. Ce brave sous-ofl&cier se présente 
à la brèche avec quatre grenadiers, faisant signe 
aux assiégés de ne pas tirer. Ceux-ci le prennent 
pour un parlementaire et cessent le feu. La Vio- 
lette profite de leur erreur, s'avance, les amuse 
et, suivi peu à peu par les grenadiers de deux 
compagnies cachées dans les tranchées, finit par 
s'emparer de l'ouvrage à cornes. La garnison 
parvint aie reprendre, mais elle avait été inti- 
midée et elle capitula le même jour. Le maré- 
chal de Saxe convint que c'était La Violette qui 
avait prit Bruxelles et le fit officier. 

Le grenadier Emieuz au combat dans 
les gorges de la Lintz. 

Le 16 prairial an IV ( 4 juin 1796), la 30^ demi- 
brigade à l'armée de Sambreet-Meuse se distin- 
gua au combat livré dans les gorges de la Lintz. 
Emieux, grenadier au 1®' bataillon, s'y fit remar- 
quer entre tous. Un escadron ennemi, chargeant 
en fourrageurs, fond sur la 2^ compagnie de son 
bataillon qui ayant déjàperdu beaucoup de monde. 



— i04 — 

recule sous le choc et cède du terrain ; blessé, le 
capitaine de cette compagnie allait tomber entre 
les mains des Panduurs. Emieux s'élance seul ; 
de son corps, il fait un rempart à son chef, dé- 
tourne avec son fusil les coups de sabre qu'on 
essaie de lui porter et force les cavaliers à la re- 
traite. Au moment où, justement fier de sa belle 
action, Emieux rejoignait ses camarades, plu- 
sieurs hussards s'élancent à sa poursuite ; mais 
ce brave soldat, dont le sang-froid égale la bra- 
voure, étendmortàses pieds un des hussards qui 
le serrait de trop près et, par suite de son atti- 
tude énergique, force les autres à prendre la 
fuite. 

Le commandant Gibassier au blocus 
de Mayence. 

Extrait des états de service de commandant 
Gibassier, chef du 2° bataillon de la 30^ demi- 
brigade : 

« Le 3 fructidor an IV, contre une sortie de 
Maye'nce sous Maynbishossheim, après des 
efforts étonnants, son bataillon cerné est près de 
succomber au nombre; il saisit un drapeau, ra- 
nime sa troupe en montrant le l®"" bataillon éga- 
lement cerné qu'il fallait délivrer, la rallie, 
rétablit le combat, culbute l'ennemi et se joint 
au 1«^ bataillon pour nettoyer la plaine » 

La 30^ au pont de Neuwied. 

Jourdan, général en chef de l'armée de Sambre- 
et-Meuse, avait franchi le Rhin à Neuwied, après 
le combat d'Altenkirchen (4 juin) et était venu 



— 108 — 

prendre position derrière la Lahn; il avait laissé 
au blocus d^Ehrenbreisten la division Bonnard à 
laquelle appartenaient deux bataiiloDS de la 30^ ; 
le 3° bataillon de cette demi-brigade était resté 
à Cologne. 

Le but de Jourdan était d'attirer à lui les for- 
ces de l'archiduc Charles et de faciliter un mou- 
vement offensif à l'armée de Rhln-et-Moselle 
commandée par Moreau. Ce plan, combiné entre 
les deux généraux, réussit en partie ; mais l'armée 
de Sambre-et-Meuse, trop faible pour contenir les 
forces qu'elle avait attirées contre elle, dût lever 
le blocus d'Ehrenbreisten et repasser le Rhin. 

Le 19 juin, la retraite s'effectue par le pont de 
Neuwied. La 30®, considérée à juste titre comme 
une des plus braves de l'armée de Sambre-et- 
Meuse, est à l'arrière-garde^ avec la cavalerie, 
sous le commandement de Bernadotte. Chargés 
de protéger le passage des quatre divisions Ber- 
nadotte, Championnet, Grenier et Bonnard, ses 
deux bataillons placés, l'un dans la tète de pont, 
sur la rive droite, Tautre dans l'Ile qui divise le 
cours du Rhin, reçoivent avec une telle vigueur 
les premières attaques de l'ennemi que, malgré 
les forces considérables qu'il avait fait sortir de 
Uayence, ce dernier n'osa pas insister malgré 
les avantages qu'il pouvait retirer de cette si- 
tuation. 

Le lioutenant Plaige sauve les bagages de l'armée. 

L'armée de Sambre-et-Meuse battait en 
retraite devant les forces considérables qu'ame- 
nait le prince Charles pour débloquer Mayence. 
Des partisans ennemis la harcelaient sans cesse. 



— i06 ~ 

Le 29 fructidor an IV (15 septembre 1796), le 
prince Hischterisl, à la tête d'un corps de 
partisans, composé d'un régiment de cavalerie, 
d'un bataillon d'infanterie et de deux pièces de 
canon, cherche à enlever les bagages de l'armée 
et ceux du quartier général établi à Lofurt; la 
garde de ces bagages était confiée à une compa- 
gnie de grenadiers de la 30^ commandée par le 
lieutenant Plaigb (Jean-Baptiste). Le lieutenant 
PLAiGBsut, par son habileté, suppléer au nombre. 
D fait rapidement filer le convoi, s'établit avec 
sa troupe à l'entrée d'un étroit défilé, engage un 
combat qu'il fait traîner en longueur, et, par sa 
courageuse résistance, donne aux équipages le 
temps de gagner six heures de marche; à la 
nuit tombante, victime de son dévouement, il 
est fait prisonnier de guerre avec ce qui restait 
de sa compagnie, mais les bagages de l'armée et 
du général en chef étaient sauvés. Plâige fut tué 
comme chef de bataillon à la Moskowa. 

Présence d'esprit du lieutenant Charrier. 

Sur la fin de la campagne de 1798, en Italie, 
la division Macdonald, dans laquelle comptait la 
30^, faisait partie du corps opérant aux environs 
de Rome et occupait les hauteurs de Magliano. 
Dans la nuit du 2 décembre 1798, le lieutenant 
Cherrier (Charles-Nicolas), de garde au parc, 
aperçut une colonne estimée à environ 4,000 
Napolitains qui, ayant surpris Otricoli, s'avan- 
çaient sans bruit pour tourner nos positions. Il 
en donne immédiatement avis au général en chef, 
mais les secours n'arrivent pas, le temps est 
précieux et il n'y a pas d'artilleurs au parc. Le 



— iOl — 

lientenant Ghbrrier n'hésite pas ; il force un 
caisson, fail charger plusieurs pièces et tire à 
toute volée sur la colonne ennemie qui, surprise 
par cette brusque attaque et trompée par l'obs- 
curité, suspend immédiatemeut sa marche. Grâce 
à ce trait de présence d'esprit, les troupes ont 
le temps de prendre les armes ; un bataillon de 
la 30^, lancé par le général en chef lui-même, 
sur la tête de colonne des Napolitains, oblige 
ceux-ci à la retraite. 

IiB capitaine Aberjouz prend une ville, 
aevLx canons, deux vaisseaux. 

Après la prise de Naples, la 30®, employée à 
la pacification du pays, rayonne, par détache- 
ments, dans toutes les directions, poursuivant 
les brigands et les partisans soulevés contre 
nous. 

Le 8 ventôse an Vil (36 février 1799) une de 
ces petites colonnes, forte de 200 hommes, sous 
le commandement du capitaine Aberjoux (Jean- 
Marie), dans la direction de Giterna^ disperse 
sur son passage et repousse dans la montagne 
les révoltés napolitains ; puis, apprenant que 
Citerna est aux mains des insurgés, elle s'y 
porte aussitôt, entre dans la ville de vive force 
et s'empare de deux canons. Le port de Citerna, 
dans le golfe de Gaëte, est à quelque distance de 
la ville ; deux navires y sont ancrés. A la nou- 
velle de l'entrée des Français, ils appareillent 
immédiatement pour gagner la haute mer; mais 
le capitaine Aberjoux, prévenu de ce fait, se 
rend sur le port avec les deux pièces qu'il a 
prises à l'ennemi, canonne les navires et les 
oblige à amener leur pavillon. Macdouald voulut 



— 108 - 

que, par uû ordre général, ce brillant fait d'armes 
fut porté à la connaissance de toute l'armée de 
Naples et le fit inscrire dans les états de service 
du capitaine Aberjoux, ainsi que dans ceux du 
lieutenant Rambaud (Elie) qui éclairait la mar- 
che de la colonne et qui, le premier, avait 
pénétré dans Citerna. 

Le sergent Pérusset au passage du Garigliano. 

A la fin de mars 1799, la 30^, faisant partie 
d'une expédition dirigée contre Gaëte, arrive 
sur le Garigliano. Ce torrent, grossi par les pluies, 
était rapide et profond, les insurgés, embusqués 
sur la rive opposée, s'apprêtaient à en défendre 
le passage, opération d'autant plus facile qu'ils 
en avaient détruit le pont. Le sergent Pérusset 
(Joseph) s'élance sous le feu de l'ennemi, 
traverse à la nage, parvient à attacher une corde 
sur l'autre rive et facilite ainsi le passage à un 
certain nombre d'hommes qui tiennent les in- 
surgés en échec pendant que la colonne franchit 
la rivière. 

La 30e à la prise de Modône. 

(12 juin 1799). 

Macdonald, à la tête de l'armée de Naples, 
s'avançait vers la haute Italie pour faire sa jonc- 
tion avec l'armée de Moreau qui avait Gênes 
pour base d'opérations. Le 14, elle marchait sur 
Modène occupé par un corps d'armée autrichien ; 
la division Olivier, dont faisait partie la 30*^, 
formait la tête de colonne. L'ennemi essaie de 
tenir en plaine, mais il est rejeté sur les glacis 



— 109 — 

de la place où il prend ses dispositions pour 
nous livrer bataille. Le 12, à la pointe du jour, 
la division Olivier l'attaque en trois colonnes. 
Un bataillon de la 30® était chargé d'enlever la 
porte San-Antonio. La ligne ennemie est enfoncée, 
la compagnie de grenadiers s'élance à la pour- 
suite des Autrichiens au moment où ils f ranchis* 
saient le pont-levis et, avant qu'ils aient le 
temps de refermer la porte et de relever le pont, 
un sergent place son fusil avec autant d'adresse 
que de courage entre les deux vantaux, en em- 
pêche la fermeture et facilite ainsi les dispo- 
sitions à prendre en vue de faire sauter cette 
porte de la ville. 

Le général de division Olivier, qui signale le 
fait dans son rapport, a malheureusement omis 
de nous transmettre le nom de ce brave grena- 
dier. Nous savons du moins que le détachement 
de grenadiers qui se jeta le premier sur la porte 
San-Antonio était commandé par le sous-lieute- 
nant PÊBussET qui s'était distingué peu de temps 
avant, comme sergent, au passage du Garigliano. 
Aussitôt la porte enfoncée, Pérusset, avec ses 
grenadiers, pénètre dans la ville, fait la garde de 
la porte prisonnière, monte sur le rempart, oblige 
six compagnies commandées par un major à dé- 
poser les armes, s'empare de quatre bouches à 
feu et facilite ainsi le succès de nos colonnes 
d'attaque qui pénètreqt dan^ l?i ville et en chas- 
bent l'ennemi. 

Le capitaino Duboura sauve la vie au général 
eu chef Macdonald. 

Après la prise de Modèûe, sur la fin du combat, 
Macdonald, accompsgûé sefulement de quelque» 



— ii2 — 

sant passer comme l'avanl-garde d'une tronpe 
importante, le somme de déposer les armes ; 
celui-ci, trompé par tant d'audace, se constitue 
immédiatement prisonnier. A la fln de la jour- 
née Laffite, plein d'un légitime orgueil, rame- 
nait triomphalement au camp général 6 ofliciers 
et 264 hommes. 

Le czar Alexandre I^r goûte la soupe du 30«. 

Quelques jours après la bataille de Friedland 
et pendant les négociations en vue de la paix, 
les armées françaises et russes étaient concen- 
trées autour de Tilsitt ; l'empereur Napoléon et 
le czar Alexandre prenaient plaisir, en témoi- 
gnage d'estime et d'amitié, à se montrer récipro- 
quement leurs troupes, Le 29 juin 1807, Napo- 
léon, accompagné du czar Alexandre et du roi 
de Prusse, Frédéric-Guillaume, passa une grande 
revue au cours de laquelle il fit manœuvrer en 
sa présence toutes les troupes du 3^ corps, placé 
sous les ordres du maréchal Davout. Après la 
revue, les trois souverains visitaient les canton- 
nements ; Alexandre s'extasiait sur le parti que 
le génie inventif du soldat français savait tirer 
des moindres ressources et, en particulier, il ad- 
mirait l'aspect des cuisines dont l'ordonnance, 
dit l'auteur anonyme de l'itinéraire du quartier 
impérial, aurait flatté l'œil d'un Parisien. Le Czar 
se trouvait alors au milieu des cuisines du 30*', 
il voulut en goûter la soupe ; puis avisant un sol- 
dat occupé à confectionner un plat de sa façon, 
il voulut également y goûter. L'auteur cité plus 
haut ne dit pas s'il le trouva bon, mais du moin^ 
il raconte qu'il demanda au cuisinier le nom d& 



— 113 — 

ce plat. Le soldat, sans se troubler, répondit: « 
Mon Empereur, c'est de la ratatouille. » Cette ré- 
ponse donna beaucoup à rire à l'empereur Alex- 
andre qui fit remettre aussitôt cent ducats à la 
compagnie à laquelle appartenaient la cuisine et 
le cuisinier. 



Hitt. 30^ de lîgnt. 8 



— Ii4 — 
TABLEAU N° 1. 



NOMS DES COLONELS DU 30» 

DE 1817 A 1887. 

De la Rainville (1617-1621). 

De Ménillet (1621-1635). 

De Cocherel de Bourdonné (1635-1646). — Griè- 
vement blessé, à la tête du régiment, au siège 
de Dôle (1638) et au siège deSamt-Omer (1628), 

Chevalier de Barbezières de la Roche-Ghéme- 
RAULT (1646-1648), blessé à la tête du régiment, 
au combat de Civitale (1647). 

L ANCRES de Reymont (1648-1651). 

Comte d'Estrades (1651-1661). 

Comte de Saint-Lieu (1661-1667). — Tué à la tête 
du régiment, au siège de Berghes (1667). 

Marquis de Lignières (1667-1669). — Mort des 
suites de blessures reçues au siège de Candie 
'4669). 

Régiment du Dauphin. 

De Fisicat (1669-1671). 

Marquis de Béringhen (1671-1674). —Tué par un 

boulet de fauconneau au siège de Besançon 

(1674). 
Marquis d'Huxelles (1674-1694). 
Marquis de Montberon (1694-1704). 
De Rochechouart comte de Maure (1704-1710). 
De Clermont-Tonnerre, marquis de Chastes 

(1710-1734). — Blessé mortellement à la bataille 

de Guastalla (1734) au moment où il venait d'être 

nommé maréchal de camp. 
De Clermont-Tonnerre, comte de Chastes 

(1734-1734). 
Comte de Maillebois (1734-1744). 
Marquis de Choiseul-Meuse (1744-1746). 



r- lis — 

Be Montmorency-Luxembourg, marquis de Bré- 

VAL (1746-1748). 
Comte de Gramont (1748-1755). 
Marquis de Boufflers (1755-1762). 
Marquis du Roure (1762-1770). 
De Quélen, duc de Saint-Mégrin (1770-1775). 

Régiment du Perche. 

Marquis de Gontaut-Saint-Geniez (1775-1780). 
Marquis d'Epinay-Saint-Luc (1780-1788). 
Comte de la Ferté-Sennectere (1788-1791). 

30^ régiment d'infanterie (Premier du nom). 

De Beaudré (1791-1792). 

Tennet de Laubadère (1792-1793). 

Dumas (1793-1796). 

30e demi-brigade d'infanterie de ligne. 

D'Arnaud (1796-1800). — Blessé à la tête du régi- 
ment le 20 août 17%, sous Mayence; nommé 
général de brigade, le 12 messidor an VII. 

Valterre, baron de Saint-Ange ^1800-1803). — 
Grièvement blessé à la tête du régiment d'un 
coup de feu au cou au combat de la Volta (1800). 

30e régiment d'infanterie (Deuxième du nom). 

Valterre, baron de Saint- Ange (1803-1808). — 
Cité à l'ordre de l'armée pour sa belle conduite 
à la bataille d'Auerstaedt (1806) et au combat de 
Czarnowo (1806) ; grièvement blessé à la tête du 
régiment au combat d'Heilsberg (1807); nommé 
général de brigade le 29 janvier 1808. 

Baron Joubert (1808-1811). — Cité à l'ordre de 
l'armée pour sa belle conduite au combat de 
Landshut (1809) et à la bataille de Wagram 
(1809) où il fut blessé ; nommé général de bri- 
gade en 1811. 



■^ H6 — 

Baron Bucquet (1811-1812>. -> Blessé à la tête du 
régiment à la bataille de la Moskowa (1812); 
nommé général de brigade le 23 septembre 
1812. 

Ramand (1812-1815). — Blessé à la tête du régi- 
ment d'un coup de feu à la cuisse droite au 
combat de Wilhelmsbourg (1814). 

Légion de FOls*. 

Baron de Landevoisin (1815-1820). 

30» régiment d'infanterie actuel. 

Baron de Landevoisin (1820-1830). 

OcHER DE Beauphé (1830-1831). — Nonrimé maré- 
chal de camp le 2 avril 1831. 

D'Arlanges (1831-1834). — Nommé maréchal de 
camp le 16 juin 1834. 

Brisson (1834-1841). — Nommé maréchal de camp 
le 26 avril 1841. 

LiGNEAU (1841-1848). 

Du VAL (1848-1 a52). — Nommé général de brigade 
le 20 décembre 1852 . 

RouBÉ (1852-1857». 

Lacroix (1857-1859). — Mort des suites d'une 
blessure au bas- ventre reçue à la tète du régi- 
ment, à la bataille de Solférino (1859). 

De la Bastide (1859-1864). — Passé au 3« volti- 
geurs de la garde en 1864; nommé général de 
brigade le 24 février 1869. 

Taconnet (1864-1868). 

WiRBEL (1868-1872). 

Delloye (1872-1879). — Nommé général de bri- 
gade le 26 avril 1879; commande actuellement 
la 3e division d'infanterie à Amiens. 

Bertrand 1879-1887). — Nommé général de bri- 
gade le 23 février 1887. 

Du Parc de Locmaria (1887). 



^ m - 



TABLEAU N° 2. 



Armes d'honneur. 



NOMS. 



Blein. 



r. 



Acoeptil. 
Givuni^lle. 



Ottbit. 



GRADES. 



Sergent- m aj. 
Elait capil. 
eu 1S10. 



Sergent. 

Id. 
Caporal. 



Sergent. 



HÉCOM- 
PENSES. 



Un fusil. 



Id. 
Id. 
Id. 



Id. 



OBSERVATIONS. 



S'est fait remar- 
quer par son 
courage extraor- 
dinaire devant 
Maycnco el Ca- 
poue. à la ba- 
taille delà Treb- 
bie et à la ba- 
taille do Ma- 
re ngo. 

la bataille de 
Marengo, dans 
une charge à la 
baïonnette, se 
sont précipités 
avec le sergent 
major Blein. 
sur un peloton 
ennemi, lui ont 
enlevé son dra- 
peau et fait 
plusieurs pri- 
sonniers, dont 
un officier. 

S'est particulière- 
ment distingué 
dans les cam- 
pagnes de 1796 
a 1800; a fait 
mettre bas les 
armes à un pe- 
loton ennemi de 
ii hommes. 



— ii8 — 



NOMS. 



Crancey. 



Kervcillcr. 



GRADES. 



Sergent. 



RÉCOM. 
PENSES. 



Un fusil. 



Id. Mort lieu- 
len. à léna. 



Renault. 
Bourdot. 



Sergent. 
Soldat. 



Id. 



Id. 
Id. 



Burdet. 



Roccis. 



Id. 



Sergcnt-maj., 
mort sous- 
Ileutenantà 
Friedland. 



Id. 



Cn fiabro. 



OBSERVATIONS. 



A fait à lui seul, 
dans une affaire 
d'avant - garde , 
un grand nom- 
bre do prison- 
niers. 

A servi avec dis- 
tinction aux ar- 
mées du Nord, 
de Sambre-et- 
Meuse. d'Italie, 
de Rome et de 
Naples, s'est fait 

particulière- 
ment remarquer 
à la bataille de 
la Trebbie et à 
la bataille de 
Marengo. 

Brillante conduite 
à Marengo. 
Dangereusement 
blessé à la ba- 
taille de Ma- 
rengo, manifes- 
tait ses regrets 
de quitter le 
champ de ba- 
taille. 

A franchi le pre- 
mier les revê- 
tements d'une 
redoute enne- 
mie. 

S'est distingué à 
l'armée d'Italie 
(1798 à 1800). 



— Ii9 — 
TABLEAU N^ 3. 



Légion d'honneur. 

















GR\DES 


DATES. 


NOMS. 


GRADES. 


dans 
la Légion 
d'honneur. 


8C 


1 

y régiment d*infanterie. 

(Deuxième du nom.) 




5 novembre 1804. 


Jonbert. 


Capitaine. 


Chevalier. 


Id. 


Péruflset. 


Id. 


Id. 


Id. 


Carrière. 


Lieutenant. 


Id. 


Id. 


Jand. 


S.-lieut. 


Id. 


Id. 


Mazier. 


Id. 


Id. 


Id. 


Chassagne. 


Serg.-maj. 


Id. 


Id. 


Girardot. 


Id. 


Id. 


Id. 


Lecerf. 


Id. 


Id. 


Id. 


Bordarier. 


Sergent. 


Id. 


Id. 


Brésillon. 


Id. 


Id. 


Id. 


CoUon. 


Id. 


Id. 


Id. 


Houtin. 


Id. 


Id. 


Id. 


Martialet. 


Id. 


Id. 


Id. 


Moasset. 


Id. 


Id. 


Id. 


Legentil. 


Caporal. 


Id. 


Id. 


Poncelet. 


Id. 


Id. 


14 mars 1806. 


Gaatron. 


Capitaine. 


Id. 


. Id. 


Attlard. 


Lieutenant. 


Id. 


Id. 


Colomb. 


Sergent. 
Id. 


Id. 


Id. 


Dalibert. 


Id. 


Id. 


Moreau. 


Id. 


Id. 


Id. 


Buisson. 


Caporal. 


Id. 


Id. 


Forme. 


Id. 


Id. 


Id. 


Baré. 


Grenadier. 


Id. 


14 avril 1807. 


Amiet. 


Capitaine. 


Id. 


Id. 


Berthier. 


Id. 


M. 



— 120 ^ 









GRADES 




DATES. 


NOMS. 


GRADES. 


dans 
la Légion 
d'honneur. 




14 avril 1807. 


Dumcsnil. 


CaMitaino. 


Chevalier. 




Id. 


Pevchei'8. 


Id. 


Id. 




Id. 


Plùchet. 


Id. 


Id. 




Id. 


Sauton. 


Id. 


Id. 




Id. 


Bichai'd. 


Lieutenant. 


Id. 




Id. 


Jacquemia. 


Chir.-maj. 


Id. 




Id. 


Murin. 


Scrg.-maj. 


M. 




Id. 


Dérigny. 


Sergent. 


Id. 




Id. 


Uerbin. 


Id. 


Id. 




Id. 


Lingrand. 


Id. 


Id. 




Id. 


Mipnard. 


Id. 


Id. 




Id. 


Capy. 


Grenadier. 


Id. 




Id. 


Porcher. 


h\. 


Id. 




Id. 


Patnreau. 


Voltigeur. 
Fuailiei'. 


Id. 




Id. 


Berlhoraud. 


Id. 




l*'oolobro d807. 


Du val. 


S.-lieut. 


Id. 




Id. 


Mario. 


S. lieutenant 
(retraité). 


Id. 




Id. 


Roland. 


Serg.-maj. 


Id. 




Id. 


Magiiant. 


Sergent. 


Id. 




Id. 


Mai'iion. 


Id. 


Id. 




Id. 


Pouzol. 


Id. 


Id. 




Id. 


Carreau. 


Caporal. 


Id. 




W. 


Varrer 


Fusilier. 


Id. 




d2 octobre 1814. 


Wilas. 


Chef de bat. 


Id. 




Id. 


Verguiaud. 


Cap.adj.-maj. 


Id. 




Id. 


Blaiii. 


Capitaine. 


Id. 




Id. 


Chrislophe. 


Id. 


Id. 




Id. 


FrançoH. 


Id. 


Id. 




M. 


do Huis. 


W. 


Id. 




Id. 


Charbonnier. 


Id. 


Id. 




Id. 


Rognault. 


Id. 


Id. 




Id. 


Rousseau. 


Id. 


Id. 




Id. 


Solirenne. 


Id. 


Id. 




Id. 


Verd Saint-Julien. 


Id. 


Id. 




M. 


De Cbamprouct. 


Adi.maj. 


Id. 




W. 


Ronin. 


Id. 


Id. 




M, 


CUpicr. 


Lieutenant. 


Id. 





— i^l — 









CRADES 


DATES. 


NOMS. 


GRADES. 


dans 
la Légion 
d'honneur. 


12 octobre 1812. 


Boucher. 


Lieutenant. 


Chevalier. 


Id. 


Clocher. 


Id. 


Id. 


Id. 


Laurent. 


Id. 


Id. 


Id. 


Rosset. 


Id. 


Id. 


Id. 


Trickcr. 


Id. 


la. 


Id. 


Durioux. 


S.-lieut. 


Id. 


Id. 


Cherlier. 


Adjudant. 


Id. 


Id. 


Garon. 


Tamb.-maj. 


Id. 


Id. 


Fromageot. 


Soua • porte - 








aigle. 


Id. 


Id. 


Laroche. 


Sous - porto - 








aigle. 


Id. 


Id. 


Carré. 


Servent. 


Id. 


Id. 


Farcay. 


Id. 


Id. 


Id. 


Gros. 


Id 


Id. 


Id. 


Léger. 


Id. 


Id. 


Id. 


Montbrun. 


Id. 


Id. 


Id. 


Hobin. 


Id. 


Id. 


*Id. 


Dai'lot. 


Grenadier. 


Id. 


Id. 


Mare. 


Id. 


Id. 


Id. 


Valtat. 


Id. 


Id. 


Id. 


Burat. 


Voltigeur. 


Id. 


Id. 


Gruet. 


Id. 


Id. 


Villermot. 


Id.* 


Id. 


80* ré 


glment dUnfant 


Brie actuel 


• 


10 avril 1823. 


Nlel. 


Serg.-maj. 


Chevalier. 


Id. 


Huct. 


Voltigeur. 


Id. 


23 octobre 1823. 


Horric de Boaucairc. 


Chef de bat. 


Officie'*. 


Id. 


Bonnecaze. 


Capitaine. 


Chevalier. 


Id. 


BaiUot. 


Sergent. 


Id. 


23 mai 1825. 


De Luudcvoiaiu. 


Colonel. 


Command. 


1- mai 1851. 


Duval. 


Id. 


Officier. 


tedôcembi'e 1852. 


Blancard. 


Capitaine. 


Chevalier. 


29 décembre 1854. 


Boubé. 


Colonel. 


Command. 


16 avril 1836. 


Françuid. 


Capitaine. 


Chevalier. 


Id. 


Jouborl. 


Id. 


Id. 



— IM — 



DATES. 



i6 avriJ 1856. 
Id. 

14 mare i857. 
130 décembre 1857. 
30 décembre 1858. 
Sojain 1859. 

Id. 
Id. 
Id. 
Id. 
Id. 
Id. 
Id. 

13 août 1859. 
18 août 1859. 

28 décembre 1859. 

15 août 1860. 

20 décembre 1860. 
12 août 1861. 

Id. 
23 août 1861. 
17 avril 1862. 

14 juillet 1862. 

Id. 
30 décembre 1862. 

28 avril 1863. 

Id. 
1" juillet 4863. 
30 décembre 1863. 

Id. 

15 mars 1864. 

Id. 
26 décembre 1864. 
14 mars 1865. 
7 juin 1865. 
14 août 1S65. 

29 décembre 1865. 
12 août 1866. 



NOMS. 


GRADES. 


Teinton. 


Capitaine. 


Gnvot d'Amfireville. 


Lieutenant. 


Jaillet. 


S.-Lieuten. 


Merle. 


Capitaine. 


Laforgc. 


Id. 


Heintz. 


Id. 


Laboria. 


Id. 


Defoy. 


Lieutenant. 


Heim. 


Id. 


Bouché. 


S.-Lieuten. 


Chabord. 


Id. 


Courtin. 


Id. 


Vaxelaire. 


Id. 


Péré. 


Capitaine. 


Nicod. 


Lieutenant. 


Lurin. 


Id. 


Poirat. 


Capitaine. 


Py-. 


Id. 


Allaire. 


Id. 


Chambovet. 


Id. 


De la Bastide. 


Colonel. 


Quégain. 


Capitaine. 


Faty. 


Major. 


Hamel. 


Capitaine. 


Sarrou. 


Id. 


Boutault de Bussy. 


Id. 


Vassour. 


Id. 


De Toulongeoii. 


Id. 


Arnaud. 


Id. 


Mazcroux. 


Chef de mus. 


Anziani. 


Capitaine. 


Fleury, 
Hoselle. 


Lieutenant. 


Capitaine. 


Verlot-Hanus. 


Id. 


D orange. 


Id. 


Guichard. 


Id. 


Vidis. 


Lieutenant. 


Vanlaton. 


Id. 



GRADES 

dans 

la Légion 

d'honneur. 



Chevalier. 

Id. 

Id. 

Id. 

Id. 

Id. 

Id. 

Id. 

Id. 

Id. 

Id. 

Id. 

Id. 

Id. 

Id. 

Id. 

Id. 

Id. 

Id. 

Id. 
Officier. 
Chevalier. 
Officier. 
Chevalier. 

Id. 

Id. 

Id. 

ïd. 

Id. 

Id. 

Id. 

Id. 

Id. 

Id. 

Id. 

Id. 

Id. 

Id. 



> 



— 493 — 











GRADES 




DATES. 


NOMS. 


GRADES. 


dans 
la Légion 
d'honneur. 




21 décembre i866. 


Paris. 


Capitaine. 


Chevalier. 




Il aoûi1867. 


Fliniaux. 


Chef de bat. 


Officier. 




28 décembre 1S67. 


Marcenary. 


Lieutenant. 


Chevalier. 




13 mars 1868. 


Taconnet. 


Colonel. 


Command. 




10 août 1868. 


Bessac. 


Capitaine. 


Chevalier. 




28 décembre 1868. 


Favarger. 


Id. 


Id. 




22 mai 1869. 


Petit. 


Id. 


Id. 




11 août 1869. 


Fady. 


Id. 


Id. 




24 décembre 1869. 


Lucas. 


Id. 


Id. 




29 novembre 1870. 


Labarbe. 


S.-Lieuten. 


Id. 




18 décembre 1870. 


Bouselle. 


Soldat. 


Id. 




8 février 1871. 


Olivier. 


Capitaine, dé- 
cédé. 


Id. 




Id. 


Bonnaire. 


Lieut.décédé. 


Id. 




1! mars 187i. 


Foullioy. 


Capitaine. 


Id. 




19 avril 1871. 


De Montlivault. 


Chef de bat. 


Officier. 




Id. 


De Guillin. 


Médec.-major 
de V cl. 


Id. 




Id. 


Le Coroller de la 










Vieux-Ville. 


Capitaine. 


Chevalier. 




Id. 


Froide /aux. 


Lieutenant. 


Id. 




Id. 


Despont. 


S.-Lieuten. 


Id. 




Id. 


Fogel. 


Adjudant. 
S.-Lieuten. 


Id. 




24 juin 1871. 


Bonnet. 


Id. 




8 août 1871. 


Bouché. 


Capitaine. 


Officier. 




Id. 


Nicod. 


Cap.-ad.-maj. 


Id. 




M. 


Vilaxel. 


Capitaine. 


Chevalier. 




Id. 


Cristiani. 


Lieutenant. 


Id. 




Id. 


Cachet. 


Id. 


Id. 




Id. 


Chevalier. 


S.-Lieuten. 


Id. 




28 mars 1872. 


SchroGr. 


Id. 


Id. 




20 novembre 1872. 


Tournier. 


Cap.-ad.-maj. 


Id. 




22 mai 1873. 


Verrier. 


Capitaine. 


Id. 




lll octobre 1873. 


Douce. 


Major. 


Id. 




'.23 avril 1874. 


Capdevilie. 


Capitaine. 


Id. 




20 août 1874. 


Jonio. 


Cap.-adj.maj. 


Id. 


1 3 février 1875. 


Richard. 


Capitaine. 


Id. 


1 


:3 août 1873. 


Ehrroaiin. 


Id. 


Id. 



^ m — 







■^^^ 


GRADES 


DATES. 


NOMS. 


GRADES. 


dans 

la Légion 

d'honneur. 


!•' mars 1876. 


Blank. 


Gapitaiue. 


Chevalier. 


3 octobre i87(>. 


Labalrae. 


Id. 


Id. 


6 août 1877. 


Godard. 


Id. 


Id. 


30 iuiUat 4878. 


Gagelia. 


Cap.-ad.-maj. 


Id. 


12 Jaillet 4879. 


Botsut. 


Capitaine. 


Id. 


3 février 1880. 


Flahaut. 


Chef de roue. 


Id. 


12 juillet 1880. 


Binet. 


«Jhef de bat. 


Officier. 


Id. 


Bourrier. 


Capitaine. 


Chevalier. 


Id. 


Gay. 


Id. 


Id. 


Id. 


Méraod. 


Id. 


Id. 


Id. 


Perrin. 


Id. 


Id. 


8 juillet 1881. 


Clémenson. 


Chef de bat. 


Officier. 


29 décembre 1881. 


Thyry. 


Capitaine. 


Chevalier. 


29 décembre 1882. 


Bertrand. 


Cu onel. 


Officier. 


Id. 


Conaac. 


Capitaine. 


Chevalier. 


9 juillet 1883. 


Grazi. 


Id. 


Id. 


7 juillet 1884. 


Prégermain. 


Id. 


Id. 


28 mar» 1883. 


Imbcrt. 


Cap.-ad.-maj. 


Id. 


28 décembre 1885. 


Sébastian!. 


Lieutenant. 


Id. 


24 juin 1886. 


Bourlois. 


Chef de bat. 


Id. 


Id. 


Joly. 


Lieutenant. 


Id. 


20 décembre 1886. 


Uavard. 


Capitaine. 


Id. 


5 juillet 1887. 


Httgot-Derville. 


Id. 


Id.